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Sujet Histoire Date 18-12-2007
Titre Les gladiateurs Section Homo Sapiens
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Sommaire

1. Les gladiateurs
1.1 Présentation
1.2 Les Jeux
1.3 Les écoles de gladiateurs
1.4 Les gladiateurs
1.5 Chronologie
1.6 Citations
1.7 Notes
2. Bibliographie
3. Textes et Encartés
3.1 Table des matières des sujets


Avant-propos


Eric - Infologisme.com


1. Les gladiateurs
1.1 Présentation Début de page

Les gladiateurs en latin « gladiatores » de « gladius » (glaive), ces rois de l’arène, étaient des combattants qui se produisaient dans des spectacles de combats armés dans les cirques romains et les amphithéâtres antiques.

La pratique de combats à mort opposant des hommes armés naquit en Etrurie, probablement comme rite lors des cérémonies funéraires en l'honneur des guerriers morts (des couples de combattants armés sont représentés sur des urnes funéraires).

Le premier spectacle de gladiateurs eut lieu à Rome en 264 av. J.-C., lorsque 3 paires de gladiateurs se battirent lors des funérailles de Junius Brutus. Parce que les combats (qui pourraient être des formes adoucies de sacrifices humains) étaient toujours liés aux obsèques à l’origine, les gladiateurs furent aussi appelés « bustuarii » de « bustum »  (bûcher funéraire).

1.2 Les Jeux Début de page

Les Jeux « Munera »  (largesses, libéralités) pouvaient être donnés soit à titre privé (pour un événement quelconque ou bien comme simple distraction en faisant payer les spectateurs), soit à titre officiel, à la charge des magistrats, à Rome et dans les municipes (en 105 av. J.-C., à la demande du Sénat, les Jeux prirent un caractère officiel).

Tous les cent ans, en principe, comme leur nom l’indique, étaient célébrés des Jeux Séculaires, marquant le « renouvellement » de la cité, et dédiés aux divinités des morts.

La formule traditionnelle du spectacle qui finit par prévaloir (« munus justum » ou « legitimum ») comprenait des combats d’animaux le matin (on présentait les animaux les plus rares et on les opposait les uns aux autres), puis un intermède à midi au moment où les gradins commençaient à se vider quand les spectateurs allaient se restaurer (il s’agissait alors souvent de l’exécution de condamnés qui étaient livrés aux fauves).

L’après-midi était réservé aux combats de gladiateurs (plusieurs combats simultanés) qui constituaient la phase la plus appréciée du spectacle.

1.3 Les écoles de gladiateurs Début de page

Les gladiateurs étaient entraïnés dans des écoles appelées « ludi » où on prenait des mesures particulières pour les soumettre à la discipline et les empêcher de se suicider car la vie de l’école de gladiateurs (surveillance et mesures de sécurité rigoureuses, entraïnement épuisant, régime alimentaire énergétique mais de goût exécrable) était extrêmement pénible. L’école de Capoue était la plus dure et la plus renommée.

Les propriétaires des écoles formaient des troupes qu’ils louaient aux organisateurs de jeux.

L’organisateur louait ses gladiateurs à un entrepreneur (« lanista »). L’opinion méprisait le « lanista » s’il n’avait pas d’autres activités, mais des personnages hautement honorables exploitaient aussi des troupes de gladiateurs (« familiae gladiatoriae ») sans que leur réputation en souffrït.

Le gladiateur prêtait serment d’obéissance absolue à son lanista.

1.4 Les gladiateurs Début de page

Les gladiateurs, âgés de vingt à vingt-cinq ans, sélectionnés en raison de leur physique athlétique, étaient surtout des prisonniers de guerre et des esclaves, achetés par le « lanista ».

Il s’agissait quelquefois de condamnés de droit commun ou forçats attribués à un « lanista » (les victoires répétées pouvaient leur valoir une remise de peine), rarement de chrétiens, parfois d’hommes libres engagés volontaires, les « auctorati » (En général contraints par des raisons économiques, ces derniers prêtaient serment devant un magistrat de se laisser « brûler, enchaïner, frapper, tuer par le fer » ; ils étaient légalement frappés d’infamie mais espéraient pouvoir se racheter grâce aux gratifications versées aux vainqueurs).

Des volontaires, attirés par la gloire et l’argent (une victoire représentait l’équivalent de la solde annuelle d’un légionnaire), s’engageaient pour une période de trois ou cinq ans. D’autres se louaient juste pour un combat (vingt deniers à qui survit, mille au mort)].

Les novices livraient leurs premiers combats dans de petites arènes.

La veille des Jeux, les gladiateurs sacrifiaient à Némésis, fille de la Nuit, déesse de la justice divine et de la vengeance des dieux, et une grande fête était organisée pour eux.

Les combattants étaient répartis en plusieurs catégories ; certains types de gladiateurs, tels les samnites, les thraces et les gaulois, empruntaient leurs armes et leurs noms aux ennemis de Rome :

- samnite (bouclier long, glaive, cuirasse, cnémide à la jambe, casque à visière avec plumes) ;

- hoplomaque (nom donné au samnite sous les empereurs) ;

- provocator (petit bouclier, longue épée ; il combat le samnite) ;

- thrace (épée recourbée à double tranchant, bouclier carré) ;

- gaulois (casque, jambière, grand bouclier, longue épée) ;

- crupellaire (« crupellarius » en latin ; « crupellatios » en gaulois ; armure de fer selon l’historien Tacite) ;

- andabate (du gaulois « andabata » ; épée courte ; il combat les yeux bandés ou crevés ou coiffé d’un casque entièrement fermé : pour se localiser et s'affronter, les andabates sont munis de clochettes) ;

- rétiaire (filet plombé, trident, épaulière, chevillière, brassard ; il est opposé au secutor) ;

- secutor (équipement samnite mais casque sans rebord pour ne pas offrir de prise au filet du rétiaire, longue épée droite) ;

- mirmillon (grand et lourd bouclier, glaive, casque décoré d'un poisson) ;

- laquearius (armé d’un lasso) ;

- meridiani (armés légèrement, ils ne combattent que dans l’après-midi comme leur nom l’indique).

D'autres gladiateurs combattaient à cheval ou sur des chars conduits par les auriges. Les cavaliers portaient lance, casque à visière et petit bouclier rond.

Les essédaires (un cocher et un lanceur de javelot dos à dos sur un char léger) affrontaient des gladiateurs à pied.

Les belluaires ou bestiaires (le plus souvent des condamnés ou des prisonniers de guerre) étaient opposés à des bêtes fauves.

Les criminels étaient tout simplement livrés aux fauves qu’on avait préalablement habitués à manger de la chair humaine.

Des chasses (« venationes ») se déroulaient dans l’arène. Les gladiateurs confrontés aux fauves, les « venatores », étaient armés d'un épieu renforcé d'une pointe de fer (le venabulum).

Il y avait des combats tauromachiques : des « taurarii » luttaient avec une lance ou un épieu contre un taureau excité par les aiguillons du « succursor ».

Des combats navals, les naumachies, étaient menés dans un grand bassin ou dans l’amphithéâtre inondé.

La recherche de la nouveauté fit organiser des combats de nègres, de nains ou de femmes.

Des intermèdes à caractère mythologiques étaient joués, le tout ponctué par une musique clinquante.

Si aucun des gladiateurs ne réussissait à terrasser son adversaire, l’empereur choisissait de les libérer. Mais le combat pouvait se dérouler « sin missione » (sans survivant). Dans ce cas, lorsqu'un gladiateur tenait un adversaire à sa merci, il se tournait vers les spectateurs qui hurlaient : « Hoc habet ! » (Il a son compte !). Si ceux-ci souhaitaient qu'il épargnât le vaincu, ils levaient leur mouchoir, mais s'ils pensaient qu'il devait être tué, ils tournaient le pouce vers le bas. Des spécialistes affirment que l’histoire du pouce baissé n’est qu’une fable, et prétendent que le public demandait la grâce en levant la main, pouce replié, et la mort, en étendant le pouce. En ce dernier cas, au son des trompettes, le vainqueur tranchait la gorge du perdant. Les mises à mort étaient plutôt rares car l’organisateur des jeux devait indemniser le lanista du vaincu et un gladiateur coûtait très cher...

Il arrivait que des spectateurs se précipitassent dans l'arène pour boire le sang des gladiateurs morts ; leur sang était censé porter bonheur et guérir les épileptiques qui trempaient dedans leurs cheveux.

Les gladiateurs se cotisaient généralement pour offrir des obsèques à leur compagnon défunt ; ils aidaient souvent sa veuve et ses enfants.

Les gladiateurs bénéficiaient des soins des meilleurs médecins.

Un gladiateur qui survivait à de nombreux combats était parfois relevé de ses obligations de combattre encore.

Les gladiateurs de renom étaient acclamés. Les poètes les chantaient. Leurs portraits apparaissaient sur des bijoux et des vases, et les dames patriciennes les choyaient. Les riches citoyens se les arrachaient pour des combats privés dans leurs villas.

1.5 Chronologie Début de page

Au cours de l'année 174 av. J.-C., 37 paires de gladiateurs participèrent à un spectacle qui dura 3 jours.

Spartacus, gladiateur thrace évadé de la fameuse école de Capoue avec 70 esclaves gaulois et thraces, mena une grande révolte : il rassembla jusqu’à 40 000 hommes et terrorisa le sud de l'Italie de 73 à 71 av. J.-C. avant d’être battu et tué par Crassus en Lucanie. 6 000 survivants furent crucifiés le long de la route reliant Rome à Capoue.

De grands spectacles réunissant jusqu’à 300 paires de gladiateurs, organisés par Jules César, amenèrent le Sénat romain à limiter le nombre de combattants.

Le philosophe Sénèque (4 av. J.-C. - 65) s’attaqua aux Jeux, sans grand succès.

En 80, l’empereur Titus organisa des Jeux grandioses pour l’inauguration de l’amphithéâtre Flavien (nommé ainsi en l’honneur de sa dynastie) commencé par son père Vespasien en 72 et financé par l’argent pris aux Juifs de Judée.

On donna ensuite à cet édifice le nom de « Colisée » parce qu’il avait été construit à l’emplacement du premier amphithéâtre en bois bâti par Néron près de la « colossale » statue de ce dernier (40 m de haut) dressée sur le site de sa « Domus Aurea ».

Haut de près de 50 mètres, il pouvait contenir 50 000 personnes : c’est la plus grande arène jamais construite.

Sous son plancher de bois recouvert de sable (pour absorber le sang), s’activaient 300 personnes. 28 ascenseurs, actionnés chacun par 8 hommes, montaient les animaux au centre de l’arène. 76 portes (arches) numérotées donnaient accès à l’amphithéâtre.

Le spectacle était gratuit mais les spectateurs étaient placés en fonction de leurs catégories sociales : du plus bas au plus haut des gradins, inversement au rang occupé dans la société.

Les femmes se trouvaient à part, tout en haut, sauf les Vestales, assises au premier rang, avec les sénateurs.

Le poète Martial (40-104) décrit, dans « De Spectaculis », ces premiers jeux du Colisée.

Ce jour-là, les fauves, effrayés par les cris de la foule, n’attaquèrent pas les criminels qui leur étaient livrés et le dresseur des animaux paya incontinent de sa vie cet échec.

5 000 bêtes furent tuées au cours de chasses menées au milieu de décors naturels reconstitués. On pratiqua des joutes nautiques.

Titus laissa au public le soin de décider du sort des vaincus.

A la fin des combats, il fit remettre aux gladiateurs Verus et Priscus, épargnés en raison de leur courage, l’épée de bois et les Palmes, qui leur donnaient la gloire et la liberté.

Sous les arches, prostitués et prostituées faisaient des affaires avec leurs clients surexcités par le spectacle. « Fornix » (arche) est d’ailleurs à l’origine du verbe « forniquer ».

Domitien présenta, en 90, des combats qui opposaient des femmes à des nains.

Le plus grand combat de gladiateurs fut donné par Trajan, en 107, à l’occasion de son triomphe sur les Daces. Les jeux durèrent 123 jours, mettant aux prises 5 000 paires de combattants dont plusieurs milliers moururent.

« Ave Caesar (ou Imperator), morituri te salutant ! » (Salut empereur, ceux qui vont mourir te saluent) : selon l’historien Suétone (« Vie des douze Césars », Claude, 21, écrite vers 121), cette formule était prononcée par les gladiateurs romains défilant devant la loge impériale avant le combat.

Le célèbre médecin Galien (131-201) acquit des connaissances en soignant les gladiateurs et en examinant leurs blessures.

L’empereur Commode (180-192), qui se prenait pour Hercule, aimait revêtir la tenue de gladiateur et combattre dans l'arène. Cruel, il obligea des prêtres d'Isis à se battre la poitrine avec des pommes de pin jusqu'à la mort.

Constantin le Grand interdit les combats de gladiateurs (« spectacles sanglants jurant avec le calme de la paix ») par son édit rendu à Béryte (Beyrouth) le 1er octobre 326.

L’abolition fût confirmée à Rome par Honorius en 404 et par Valentinien III en 438.

En 450, Théodose II interdit, pendant la période de cinquante jours qui précède la Pentecôte, tous spectacles, jeux de théâtre et de cirque.

Vers 500, Anastase Ier, empereur byzantin (491-518), supprima les combats entre gladiateurs et animaux sauvages.

En 1139, encore, le 14e canon du deuxième concile du Latran défendit les combats militaires qui se faisaient dans les foires et ordonna que les gladiateurs qui seraient blessés dans ces combats fussent privés de la sépulture ecclésiastique, quoiqu’on ne dût pas leur refuser la pénitence et le viatique.

Cette défense fut renouvelée par le troisième concile du Latran (canon 20) en 1179.

Le 3 septembre 1332, au Colysée à Rome, se déroula une unique corrida, « sur le modèle de celles qui se faisaient en Espagne ou chez les Maures » (Gibbon). Des champions de plusieurs grandes familles romaines affrontèrent des taureaux, les uns après les autres, munis seulement d'une lance : il y eut 18 morts et 9 blessés pour 11 taureaux tués. Les paladins tombés dans le combat furent inhumés en grande pompe, dans les églises de Sainte-Marie-Majeure et de Saint-Jean-de-Latran.

En 1567, le pape Pie V menaça d'excommunication quiconque pratiquait la tauromachie.

1.6 Citations Début de page

« Quel plaisir cela peut-il faire à un homme bien élevé de voir un faible homme déchiré par un animal d’une force gigantesque, ou un superbe animal perforé d’une javeline ? » [Cicéron (106-43 av. J.-C.)]

« Vetus proverbium est gladiatorem in arena capere consilium » (C'est un vieux proverbe que celui-ci : un gladiateur se décide dans l'arène). (Sénèque + 65, « Lettres à Lucilius », XXII)

« Panem et circenses ! » (Du pain et le cirque !). (Juvénal + vers 140, « Satires », X, 81)

« La race des gladiateurs n'est pas morte, tout artiste en est un. Il amuse le public avec ses agonies. » (Gustave Flaubert)

1.7 Notes

L'espadon, un poisson des mers tropicales et tempérées, en latin « Xiphias gladius », doit son nom aux gladiateurs.


2. Bibliographie Début de page




3. Textes et Encartés

3.1 Table des matières des sujets Début de page



Référence publication :
Compil Histoire

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Auteur
Jean-Paul Decœurtyte Début de page
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