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Sujet Hominidé Date 18-06-2007
Titre Homo sapiens sapiens Section Homo Sapiens
Article

Portrait de Lucy - National Geographic
Une ancêtre australopithèque de 3,2 million d’années, plus connu sous le nom de Lucy,
nous apporte un tête à tête avec les origines de l’humanité.

Photographié par Tim Boyle-Getty – National Geographic

Homo sapiens neandertalensis et Homo sapiens sapiens

L’homme de Neandertal, homme fossile découvert par deux ouvriers, début août 1856, près de Düsseldorf dans la vallée de la Düssel (appelée « Neanderthal »), occupa l’Europe et le Proche-Orient (du Caucase à l’Atlantique et des Iles de Bretagne à la Palestine) il y a environ 120 000 ans pour disparaître vers 28 000 ans. Selon une étude de Clive Finlayson, du Musée de Gibraltar, et de ses collègues, publiée le 13 septembre 2006, par la revue Nature, les derniers néanderthaliens étaient « certainement présents » à Gibraltar (grotte de Gorham) jusqu’à moins 28 000 ans et « probablement » encore il y a 24 000 ans.

Le néandertalien, Homo sapiens neandertalensis, fut reconnu comme le premier homme fossile différent de l’homme actuel, Homo sapiens sapiens, avec lequel il a coexisté pendant quelques milliers d’années.

L’homme de Neandertal était doté d’un crâne dolichocéphale volumineux, d’une capacité pouvant atteindre 1 700 cm ³ (grâce au « chignon » occipital à l’arrière), donc supérieure à celle de l’Homme moderne 1 400 cm ³. Le néandertalien, avec un cerveau plus gros, ne devait-il pas être plus doué ? Actuellement, les spécialistes pensent que le volume du cerveau n’est pas forcément proportionnel à l’intelligence.

Le redressement de son corps et sa bipédie étaient comparables à ceux de l’homme actuel. Le mâle mesurait 1,65 m en moyenne (des individus auraient atteint 1,90 m) et pesait jusqu’à 90 kg (1,55 m et 70 kg pour la femelle). Une solide ossature et une large poitrine « en tonneau » en faisait une force de la nature.

Les traits des néandertaliens sont considérés comme primitifs : crâne aplati, nez large, mâchoires et pommettes saillantes, front et menton fuyant, arcades sourcilières très développées.

Les néandertaliens avaient un langage articulé et une oreille plus fine que celle de Homo sapiens sapiens. Leur larynx étant plus volumineux que celui des hommes modernes, le ton moyen émis par les Néandertaliens devait être plus haut et plus aigu que chez Homo sapiens. Ils maîtrisaient le feu. Ils possédaient des parures (pendeloques) et utilisaient des colorants. Ils vivaient de la cueillette, de la chasse (nomades, ils suivaient les hardes de mammouths) et de la pêche. Leurs lances étaient longues et lourdes. Ils aménageaient des sépultures, pratiquaient peut-être l’anthropophagie rituelle et un culte des crânes (disposition rituelle d’objets autour du crâne). Ils gravaient sur les parois de leurs grottes des symboles magiques ou religieux (vulve, triangles). Une flûte en os d’ours a été trouvée en Croatie.

Les néandertaliens sont une branche latérale de l’arbre évolutif humain, qui s’est éteinte sur quelques milliers d’années (leur trace se perd à Gibraltar). Leur disparition pourrait être due au fait qu’ils aient cessé de progresser technologiquement et qu’ils n’aient pu s’adapter aux changements climatiques et à un nouvel environnement : la disparition des forêts, pour ce chasseur qui traquait sa proie au cœur des bois et la tuait à coup de pieu, le condamna à la famine car il ne possédait pas d’armes de jet efficaces en terrain découvert, tels que le propulseur de javelot et la fronde employés par sapiens sapiens. Peut-être aussi qu’ils n’ont pu assurer la survie de leur espèce en raison d’une natalité très faible (consanguinité, stérilité) ou encore qu’ils ont été éliminés progressivement par l’homme moderne, décimés par des maladies apportées par lui ou simplement exterminés ? Des accouplements féconds entre Néandertaliens et Sapiens auraient-ils donné des hybrides stériles ? Leur extinction, survenue il y a quelque 28 000 ans, après plus de 300 millénaires d’existence pendant lesquels ils ont su affronter avec succès la rudesse de l’Europe glaciaire, demeure une énigme.

Selon l’analyse de brins d’ADN, en 1997, le métissage entre néandertaliens et sapiens était impossible car ils étaient génétiquement trop différents.

Dans un article paru le 7 juin 2006 dans la revue « Current Biology », une équipe de chercheurs français, dirigée par Catherine Hänni, du laboratoire Paléogénétique et évolution moléculaire (CNRS, École Normale Supérieure de Lyon), qui a réussi à déchiffrer la plus vieille séquence néandertalienne jamais analysée, confirme que les néandertaliens sont bien nos lointains cousins et non pas nos aïeux directs et qu’ils se sont donc éteints sans descendance. Mais cette conclusion est loin de faire l’unanimité. Vincent Plagnol, chercheur au Department of Molecular and Computational Biology de l’University of Southern California, et son collègue, Jeffrey Wall, annoncent que les peuples d’Europe pourraient avoir hérité génétiquement de 5% de Néanderthalien (publié le 23 août 2006 dans la revue PLoS Genetics).

En novembre 2006, deux hebdomadaires scientifiques, le britannique Nature et l’américain Science, publient les conclusions de deux équipes de généticiens qui ont appliqué deux procédés d’analyse au matériel héréditaire extrait d’un os néandertalien vieux de 38 000 ans : les ancêtres de l’homme de Néandertal se sont séparés des nôtres il y a un demi-million d’années. Le premier groupe constitué de chercheurs allemands, américains et croates dirigés par Svante Pääbo, de l’Institut Max-Planck pour l’anthropologie évolutionnaire à Leipzig (Allemagne) et le second, américano-allemand, conduit par Edward Rubin, qui travaille dans deux organismes californiens, l’Institut de génomique du département de l’Energie à Walnut Creek et le Laboratoire national Lawrence Berkeley à Berkeley, signalent qu’aucune trace de métissage entre notre propre espèce et celle de Néandertal n’a été détectée...

Des fossiles, datés de 450 000 ans (Tautavel), appartenant à d’autres variétés des premiers hommes, ont été découverts dans d’autres régions de l’Ancien Monde.

Toutes les populations que Sapiens sapiens rencontra disparurent.

Le plus vieux fossile d’Homo sapiens sapiens, trouvé en Israël, date de 92 000 ans. Les ossements fossiles de Cro-Magnon (v. 30 000 ans) ont permis de reconstituer des silhouettes d’individus grands (1,80 m en moyenne ; 1,95 à Grimaldi) au front droit, au nez long et étroit et à la face allongée.

L’Homo sapiens sapiens inventa la fronde et le propulseur. Il sculpta le bois et la pierre. Dans des abris et des grottes peu profondes, il peignit des images à même la paroi (surtout des animaux et des signes abstraits).

Homo sapiens sapiens est sans doute originaire de l’Afrique au sud du Sahara ou du Proche-Orient, et son évolution a pu débuter entre 200 000 et 150 000 ans. Ces humains se sont ensuite répandus dans toutes les parties du monde soit en remplaçant les populations d’Homo sapiens plus anciennes (ce qui s’est sans doute produit en Europe), soit en se mélangeant à elles (au Proche-Orient).

Des comparaisons de l’ADN des mitochondries (qui ne sont héritées que de la mère), prélevé chez des femmes de diverses parties du monde, suggèrent que tous les humains modernes auraient divergé, en une seule génération, en Afrique tropicale : celle que l’on a appelé « l’Ève mitochondriale » aurait habité l’Afrique il y a 200 000 ans, avant d’occuper l’Asie, l’Europe puis l’Amérique...

Évolution du volume cérébral

Évolution du volume cérébral en cm ³ des PréHominidés et Hominidés

Interview : Homo sapiens sapiens parle de lui et ses cousins.

Homo sapiens est notre ancêtre, hors l’histoire de l’humanité c’est une longue histoire qui plonge ses racines très profondément dans les tropiques d’Afrique.

Àpartir du moment où émerge le genre humain, cette histoire va se développer dans l’espace puisqu’elle va couvrir toute l’Afrique et bientôt toute l’Eurasie tandis qu’elle continuait à se développer biologiquement sous la forme d’une évolution d’espèce à partir d’un homme premier que l’on appelle l’Homo Habilis avec des outillages très simples à l’homme second que l’on appelle l’Homo Erectus avec ses beaux outillages symétriques et à l’homme troisième que l’on appelle l’homo sapiens, notre héros.

La face de l’ancêtre a encore une petite projection qui n’existe plus chez l’Homo sapiens qui a la face plate, elle a des arcades sus-orbitaires encore fortes au-dessus des yeux chez Homo erectus, ces arcades sont tout à fait lisses et planes chez l’Homo sapiens, et au-dessus le front demeure fuyant chez l’Homo erectus alors qu’il est haut et bombé et généreux chez l’Homo sapiens.

Yves Coppens


Je me trouve dans cette grotte appelée Kromdraai, près de Prétoria. C’est ici le berceau de l’humanité, l’endroit où tout a commencé.

L’Afrique est le continent à partir duquel l’humanité a évolué peu à peu, vers Homo habilis, puis vers Homo erectus, et enfin Homo sapiens.

Homo erectus est l’espèce que l’on retrouve en Afrique, il y a environ 1,5 millions d’années. Il s’est développé à partir d’Homo habilis qui vivait il y a environ 1,8 millions d’années et possédait un crâne relativement petit. On ne le trouve qu’en Afrique et il a probablement cédé sa place à Homo erectus dont la capacité crânienne atteint environ 1 000 centimètres cubes, et contraste avec la capacité crânienne d’Homo habilis : 600 centimètres cube.

Mais c’est Homo erectus qui est sorti d’Afrique. Et nous savons qu’ils ont réussi. En fait, Homo erectus était une espèce remarquable qui savait fabriquer des outils en pierre comme ce biface, que l’on tenait dans la main et dont on se servait pour une multitude de tâches différentes. C’était le couteau suisse de l’Afrique. Il pouvait servir à une multitude d’usages : pour couper, hacher, creuser... c’est vraiment un outil multi-usage.

Une des nombreuses questions que nous pouvons nous poser concernant l’évolution de l’humanité est pourquoi est-ce arrivé ? Il est très difficile de répondre à cette question. Mais nous savons avec certitude qu’une évolution a eu lieu.

Une des choses les plus frappantes au cours de cette évolution est l’augmentation phénoménale de la taille du cerveau. Ceci est le cerveau de l’Australopithèque qui a vécu en Afrique, il y a plus de 2 millions d’années, mais si vous le comparez au cerveau d’Homo sapiens, qui vécut les 100 000 dernières années, nous voyons des créatures qui ont une capacité crânienne de 1300 Centimètres Cubes ce qui est considérablement supérieur à la capacité crânienne d’Homo erectus avec une capacité crânienne d’environ 1 000 Centimètres Cube.

Il y a d’autres modifications que nous pouvons observer, par exemple au niveau des mandibules, nous voyons clairement qu’il n’y a pas de menton chez Homo erectus alors que le menton devient apparent dans les mandibules d’Homo sapiens.

Francis Thackeray


Lorsque on vit en groupe, on voit bien que un être d’attachement, un être cher dort et quand il se réveille, il nous explique qu’il a fait un voyage extraordinaire dans le monde du dedans, son corps était engourdi et flasque et lui il était dans un monde extraordinaire, on a la preuve de l’existence de l’âme, ce qui veut dire que lorsqu’il meurt, pour lutter contre le chagrin de sa perte je comprends bien que son corps est là, je perçois le cadavre, je perçois le mort, mais pour lutter contre l’angoisse de la mort je suis contraint à inventer la sépulture c’est-à-dire une mise en scène théâtrale, de fleurs, de pleurs, de musique, de peinture qui me permettent de faire vivre un monde qui me permettent de lutter contre l’angoisse de la mort, c’est-à-dire que la créativité et l’art me permettent de supporter l’angoisse de la perte.

Boris Cyrulnik


Dans tous les enterrements, même les plus anciens, on trouve des choses qui sont spécifiques de tombeaux, comme par exemple les cornes de cervidés, les pièces de silex poli, et ça c’est une indication très très claire de la relation entre les gens vivants et ceux qui étaient morts, c’est une indication qu’il était intéressé de conserver la mémoire de ces gens qui étaient morts, ne pas les oublier, et ça c’est une question qui est typiquement un développement humain, un comportement complètement nouveau typique des Homo Sapiens.

Baruch Arensburg


Homo erectus était en Afrique il y a 2 millions d’années. Et nous savons qu’à cette période, cette espèce s’est dispersée à partir d’Afrique vers toutes les parties du monde, d’abord vers l’Asie de l’Ouest puis plus tard vers Java et vers la Chine. C’est cet évnement que nous appelons Out of Africa 1.

Mais où est l’origine de notre espèce, Homo sapiens ?

Je crois que notre espèce est originaire d’un seul continent, d’une seule région du monde, et cette région du monde c’est l’Afrique.

Il y a environ 100 000 ans, notre espèce a commencé à sortir d’Afrique, lors de la deuxième expansion : Out of Africa 2.

Voici un crâne découvert en Israël, qui a environ 100 000 ans, c’est celui d’un homme moderne.

Le crâne est allongé et arrondi, l’arcade sourcilière est petite, le visage est en retrait sous la voûte crânienne, la forme du squelette est moderne. Ainsi, il y a environ 100 000 ans, les hommes modernes sont sortis d’Afrique et ont commencé à se disperser.

Christopher Stringer


D’après les recherches des fossiles trouvés en Chine, je ne suis pas pour la théorie out of Africa. Je suis plutôt pour une autre théorie, la multi-régionale. Car ici nous avons trouvé énormément de fossiles d’hommes, qui ont de 500 000 ans, à 20 000 ans. Nous pensons que ces hommes sont les mêmes, depuis 500 000 ans, ils ont évolué. On les a nommés « les hommes de Shan Ding Don ». Je prends l’exemple de la Chine, les fossiles des deux périodes trouvés sur ce territoire ont certaines caractéristiques communes. Le visage plat, le nez plat, les orbites rectangulaires. Cela prouve que les hommes d’autrefois ont évolué en ceux d’aujourd’hui. À notre avis, Homo Erectus a évolué en sapiens partout où il était.

Wu Zin Xi


Les chamanes se trouvent dans le monde entier en fait on pourrait peut être parler de chamanisme au pluriel pour ces religions, ces types de religion. car selon les cultures il y des histoires sacrées très différentes et les chamans entrent en contact direct avec le monde surnaturel. On n’a pas ça dans des religions comme la religion chrétienne où certaines personnes peuvent avoir des saints par exemple peuvent avoir des visions et entrer en contact avec le monde surnaturel mais dans ces religions là ce n’est pas institutionnalisé alors que c’est institutionnalisé dans le chamanisme et c’est institutionnalisé sur le plan social, les chamanes ont un rôle social extrêmement important. ils font cela pour régler les problèmes de la tribu et pour être utiles à leur groupe.

Jean Clottes


Les néandertaliens représentent un groupe d’hommes fossiles qui est extrêmement bien connu. On a découvert les 1er dès le milieu du 19e siècle et depuis les découvertes se sont succédées, on connaît peut être 400 restes de néandertaliens certain très fragmentaires bien sur, en Europe et dans les régions adjacentes. Et on voit pendant cette période en Europe une morphologie tout à fait particulière se développer. Ces néandertaliens si je peux dire se « néandertalisent » de plus en plus et ils acquièrent une morphologie qui je pense pour nous serait assez saisissante hein, si vous croisiez un néandertalien dans le métro vous auriez certainement envie de changer de rame.

Jean-Jacques Hublin


Au 19ème siècle, les anthropologues d’après les couleurs de peaux, d’après les formes du corps et du visage, d’après la forme, la texture, la couleur des cheveux, d’après plein d’autre caractères classaient les humains en 3, 4, 5, 12 jusqu’à 400 races différentes. Cette notion de race, elle n’est pas très pratique, elle conduit à beaucoup de malentendus et surtout elle nous fait oublier ce que nous savons maintenant de manière quasi-sure à savoir que les homo sapiens–sapiens, notre espèce, notre race à tous finalement a commencé dans la préhistoire, c’était une petite bande qui un beau jour est partie de quelque part pour coloniser l’ensemble de la planète et se diversifier jusqu’à devenir ce que sont les 6 milliards d’homme actuels. Alors pourquoi ? Pourquoi les hommes ont-ils changé en fonction de l’environnement dans lequel ils vivaient ? Nous n’avons que des hypothèses pour l’expliquer, et pas de certitudes. Certains caractères ont une répartition géographique bien connue, avec les asiatiques qui ont souvent les yeux bridés ou les pommettes larges, par exemple, ou les Africains qui vont avoir les cheveux crépus, mais les cheveux crépus, on en rencontre aussi en Nouvelle-Guinée, à l’autre bout du monde, Alors, il a été supposé que certains de ces caractères étaient liés aux conditions d’environnement, constituaient des adaptations au climat, à la température ou à l’ensoleillement.

André Langaney


Les Anthropologues ont longtemps cherché à déterminer les origines des premiers peuples d’Amérique du Nord, et pratiquement toutes les preuves semblent montrer que les premiers Américains viennent de Chine et d’Asie du nord-est. Les premiers hommes à arriver en Amérique du Nord ont du venir de Sibérie par le détroit de Beiring. Ce pont intercontinental était bien plus qu’un pont :il mesurait jusqu’à 1000 Km de largeur. L’un des aspects les plus remarquables du peuplement de l’Amérique du Nord est la vitesse avec laquelle celui-ci s’est produit à partir du moment où les hommes ont pénétré sur ce territoire.

Nous avons appelé ceux qui ont taillé ces pointes peuple de Clovis. Nous disposons de quelques magnifiques exemples de pointes Clovis éparpillées sur une distance de plus de 1 500 kilomètres. Comme vous pouvez le constater, elles sont presque identiques, ce qui montre que la peuplade à l’origine de ces pointes possède les mêmes traditions, la même technologie, les mêmes ancêtres. Leurs remarquables similitudes du nord-est du Canada au Mexique, et de la côte ouest à la côte est semblent prouver que les hommes se sont répandus sur tout le territoire en 1 000 ou 2 000 ans tout au plus.

Michael Bisson


La pratique de la chasse aux grands mammifères a été un bouleversement pour les hommes préhistoriques. Avant 400 000 ans, ils se nourrissaient essentiellement de végétaux, de petits gibiers, et de charognes. À partir de 400 000 ans , ils vont commencer à chasser des grands mammifères comme les bisons, les chevaux, les cerfs. Et on voit parallèlement se développer un armement plus sophistiqué, de l’épieux en bois épointé au feu, on va passer à la lance avec une pointe de silex puis à la sagaie avec une pointe en bois de rennes, et l’invention du propulseur au solutréen. C’est une arme extrêmement efficace qui va permettre au chasseur de se tenir plus loin du gibier pour tirer sa sagaie, donc d’avoir beaucoup plus de succès. Parallèlement on s’aperçoit qu’il connaît très très bien bien-sûr son gibier, le comportement, son anatomie mais également son environnement, et qui a donc développé une technologie importante avec des armes de plus en plus sophistiquées.

Patou Mathis


Les Néandertaliens n’ont jamais représenté qu’une très petite partie de l’espèce humaine. Et lorsque de nouvelles populations ont pénétré en Europe et se sont mêlées aux Néandertaliens, d’autre gènes ont été introduits, d’autres caractéristiques physiques, si bien qu’au fil du temps la contribution des hommes de Néandertal n’a cessé de se réduire. Ce qui reste ne mérite ainsi plus le nom de Néandertal, même si l’on peut encore trouver des caractéristiques néandertaliennes aujourd’hui. Mais je crois qu’il est important d’insister sur le fait qu’aucune des populations qui vivaient voilà 2 000 générations n’a disparu. Toutes ces populations se sont éteintes. Ce qui ne veut pas dire qu’elles ont disparu, ni qu’elles n’ont pas de descendants. Je crois sincèrement que les hommes de Néandertal ont des descendants en Europe.

Milford Wolpoff


On a tenté d’expliquer la domestication par un modèle unique. Evidemment, c’est une évolution importante de l’histoire de l’homme, mais cette domestication en fait, elle n’est pas unique, il y a tout un tas de domestications différentes selon les espèces, et selon les sociétés humaines prises en considération. La domestication la plus ancienne, c’est celle du chien. Elle est datée d’environ de 16 mille à 15 mille ans av J-C, grâce aux datations au carbone 14. Le chien était domestiqué à partir du loup, dont voici un crâne, le crane d’un chien, on sait maintenant grâce aux études ADN que le loup est l’ancêtre du chien. Cette domestication, elle a été faite par les chasseurs, et pour la chasse. Elle n’a rien à voir, d’une certaine manière, avec les domestications qui se sont produites ensuite, plusieurs millénaires après, celles des ongulés, c’est-à-dire, moutons, chèvres, cochons et bœufs. Et cette domestication des ongulés pour l’embouche a été faite par des groupes humains sédentaires qui pratiquaient l’agriculture au Proche-Orient. La domestication de ces ongulés, on sait pas exactement pourquoi elle a été faite parce qu’en fait au tout début, et ce pendant plusieurs siècles, ces animaux-là n’ont pas été les principaux pourvoyeurs de viande, c’est encore la chasse qui continuait dans ces villages qui apportait l’essentiel de la viande. Un autre exemple de domestication, plus tardive, c’est celle du cheval par exemple. Alors, elle, elle a été produite par des groupes humains qui étaient nomades, aux alentours du 4ème ou 3ème millénaire av J-C, en Asie ou en Europe de l’Est.

Jean-Denis Vigne


Alors comment les faits se sont-ils produits ? Evidemment c’est certainement un phénomène de longue durée, c’est à dire que l’homme au Proche Orient, qui est l’un de ces berceaux de cette agriculture, l’homme commence à semer certaines graines mais il ne recueillera que les graines identiques que les graines sauvages. Et ce n’est que progressivement, avec un processus de sélection probablement inconsciente qu’il va sélectionner certains mutants, qui ont une certaine tendance vers la domestication et qu’il va donner ainsi des plantes qui seront morphologiquement modifiées. Alors pour le Proche-Orient évidemment les espèces domestiquées sont le blé, l’orge, certaines légumineuses comme les pois et les lentilles. Mais le phénomène est carrément mondial, planétaire, la Chine du Nord est un autre berceau avec le millet, la Chine du Sud avec le riz, le Mexique avec le mais, les courges, les haricots, est un autre centre, les Andes avec la pomme de terre avec les piments, avec les tomates est encore un autre centre agricole. L’Asie du Sud Est et le monde océanien en est encore un autre avec les plantes à tubercules on peut encore citer le cas de l’Afrique avec le mille et probablement aussi le sorgo.

Jean Guilaine

Référence publication :
Compil Histoire

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Auteur
Jean-Paul Decoeurtyte Début de page
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