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Sujet Historique Date 28-05-2007
Titre Muhammad et L’Islam Section Homo Sapiens
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Sommaire

1. Muhammad et L’Islam
1.1 Muhammad
1.2 Première révélation de Muhammad
1.3 La Mecque
1.4 Muhammad définit l’Islam
2. Les Écrits de L’Islam
2.1 Le Coran
2.2 Autres Écrits
3. Divisions de la religion musulmane
3.1 Le Chiisme
3.2 Le Sunnisme
3.3 Le Soufisme
3.4 Les Kurdes
4. Bibliographie
5. Textes et Encartés
5.1 Table des matières des sujets


Avant-propos


Eric - Infologisme.com


1. Muhammad et L’Islam
1.1 Muhammad Début de page

Les sources relatant la vie de Muhammad (570-632), en français Mahomet, sont des textes écrits en arabe par des érudits musulmans, dont le plus ancien date d’une centaine d’années après la mort du Prophète.

Ce récit fut compilé par Ibn Ishaq (mort en 768) ; les autres biographies classiques furent rédigées au IXe siècle.

Muhammad (« Le Loué ») naquit à Mekka (La Mecque), dans la province du Hedjaz, du vivant de l’empereur perse Khosrô Ier soit avant 579. Le jour et l’année de sa naissance ne sont pas établis avec certitude, mais selon une tradition communément admise le Prophète naquit l’« année de l’Eléphant », ainsi appelée en raison de l’expédition manquée contre la Kaaba, le temple de La Mecque, conduite par Abraha, le prince éthiopien du Yémen, monté sur un éléphant blanc. Les récentes recherches situent l’événement en 570 ; certains précisent même : le 4 ou 20 avril ou le 20 août ou le lundi 1er septembre ou encore le lundi 10 novembre.

La tradition fait état de signes extraordinaires ayant accompagné la conception et la naissance du Prophète. Son prénom lui aurait été attribué à la suite d’un songe fait par son grand-père. Il en recevra d’autres plus tard : Abu al-Qasim, Ahmed, al-Mustafa.

La famille de Mahomet appartenait au clan des Hachémites (clan de Hashim) de la tribu des Qurayshites (« requins »), laquelle était prédominante à La Mecque dont elle constituait la quasi-totalité de la population et qui prétendait descendre d’Ismaël, le fils d’Abraham.

Les Hachémites ne comptaient pas parmi ses familles les plus illustres, mais ils jouissaient d’un prestige religieux du fait de leur droit héréditaire à certaines charges attachées au pèlerinage de la Kaaba (sanctuaire polythéiste et syncrétiste).

Le père de Muhammad, Abdallah, un marchand qui ne possédait que cinq chameaux et une esclave éthiopienne, mourut avant d’avoir vu naître son fils, et sa mère, la belle Amina, décéda alors qu’il n’était âgé que de six ans.

Abd al-Mouttalib, son aïeul, le recueillit et lui fit donner un peu d’éducation.

La tradition rapporte un épisode miraculeux qui lui serait arrivé à l’âge de six ans : deux anges étaient venus, lui avaient ouvert la poitrine, en avaient extirpé son cœur noir qu’ils avaient soigneusement nettoyé avant de le remettre à sa place, le lavant ainsi de toute souillure et l’emplissant de foi et de piété.

Son oncle Abou Talib se chargea de lui après la mort de l’aïeul.

Le jeune Muhammad, âgé de treize ans, fut emmené en Syrie par son oncle qui conduisait une caravane de commerçants.

Selon la tradition, le convoi s’étant arrêté près d’un ermitage, à El Basra, un moine chrétien, le père Bahira, leur annonça que bientôt, un prophète se révèlerait parmi les arabes.

Quelque temps après, le hasard fit participer Muhammad à une bataille menée par Abou Talib et il servit avec assez de distinction.

Muhammad fut embauché par une riche commerçante veuve de La Mecque, nommée Khadîdja, pour gérer ses affaires. Séduite par l’honnêteté et l’habileté du jeune homme, elle lui proposa le mariage. En 595, Muhammad avait 25 ans lorsqu’il épousa Khadîdja, du vivant de laquelle il ne prit d’autre femme, et dont il eut deux garçons morts en bas âge et trois filles dont Fatima.

Après la mort de Khadîdja en 619, il eut plusieurs épouses (peut-être quinze) dont : Saoudah Bent Zouma El Emirieteel, Aïcha Bent Abou Baker (épousée à l’âge de 6 ans et déflorée à 9 [Sahih Al Boukhari, Oeuvres complètes, volume VII], la bien-aimée, stérile), Hafçah, Zainab, Djouwairîyah (une captive), Oum Habiba (veuve d’un chrétien), Safiiyah (veuve juive), Maimounah et 2 affranchies : la juive Raihana Bint Zaid et Maria une copte égyptienne (mère d’Ibrahim décédé à l’âge de 2 ans).

Ainsi le Prophète n’eut aucun descendant mâle. Il n’eut que deux petits-fils, Hassan et Hossein, que sa fille Fatima, épouse de son cousin Ali ibn Abi Talib (fils d’Abou Talib), lui donna.

De ses deux petits-enfants, Mahomet aurait déclaré : « Ceux qui les aiment m’aiment et ceux qui les haïssent me haïssent. »

Il affranchit et adopta un esclave que lui avait donné Khadîdja : Zayd, de la tribu arabe des Kalb, en grande partie chrétienne.

En 605, les murs de la Kaaba furent endommagés par une pluie torrentiellement et les habitants de la Mecque durent la reconstruire.

La reconstruction terminée, les tribus se disputèrent pour savoir qui aurait l’honneur de placer la pierre noire dans l’angle de la Kaaba.

Ils finirent par décider que le premier qui entrerait prendrait la décision et Muhammad arriva à cet instant.

Il fit poser la pierre sur un bout de tissu dont chaque tribu se partagea un morceau et il installa la pierre noire à sa place actuelle.

Muhammad accéda à un ordre de chevalerie créé par al-Zubayr pour venir en aide à tout opprimé.

Muhammad s’instruisit des doctrines monothéistes en interrogeant les juifs et les chrétiens de Mekka.

Il prit l’habitude de faire des retraites, à l’instar des ascètes chrétiens, dans la grotte de Hira sur la montagne de la Lumière, aux alentours de La Mecque. Il lui arrivait d’y séjourner un mois entier.

1.2 Première révélation de Muhammad Début de page

Mahomet avait 40 ans lorsqu’il reçut sa première révélation.

Le lundi 22 décembre 609, le 27ème jour du mois de Ramadan, pendant une retraite solitaire dans la caverne Hira sur le mont Arafa, il eut une vision « comme le surgissement de l’aube » et entendit un son de cloche se transformer en paroles ; des voix qui semblaient sortir des pierres l’appelèrent « Apôtre de dieu ».

Il vit un être immense, vêtu de blanc, l’archange Djibril (Gabriel) qui lui transmit les paroles de Dieu et ressentit une telle douleur qu’il crut en mourir.

Au paroxysme de la souffrance, Muhammad voulut en finir mais l’ange l’en empêcha.

Gabriel lui annonça que lui, Muhammad, était l’Envoyé (Rasûl) de Dieu, le Prophète d’Allah, et lui ordonna de transmettre la parole divine.

Muhammad reçut l’ordre de « réciter » (iqra), et ne sut quoi dire. Puis, il finit par réciter ce qui est devenu le début de la sourate XCVI (1-5) du Coran :

« Lis, au nom de ton Seigneur qui a créé tout ; qui a créé l’homme de sang coagulé. Lis, car ton Seigneur est le plus généreux. Il t’a appris l’usage de la plume ; Il apprit à l’homme ce que l’homme ne savait pas. » (Traduit par Kasimirski)

« [1] Lis, au nom de ton Seigneur qui a créé, [2] qui a créé l’homme d’une adhérence. [3] Lis! Ton Seigneur est le Très Noble, [4] qui a enseigné par la plume (le calame), [5] a enseigné à l’homme ce qu’il ne savait pas. » ( Al-Islam )

Jibril, qui apparaissait sous divers formes (un homme monté sur un âne, une volée de pigeons, etc.), lui ordonna d’apprendre et de réciter les messages qui lui étaient transmis : l’Islam (« soumission à la volonté de Dieu ») venait de naître.

Khadîdja sera la première convertie, le deuxième sera Ali, âgé de 7 ans, cousin et fils adoptif du Prophète.

Parmi les premiers convertis figurent le marchand Abou Bakr et Bilal, esclave noir affranchi par Muhammad, qui devient le premier muezzin chargé d’appeler les fidèles à la prière.

Il se passa une longue période de temps entre la première révélation et les suivantes, qui se succédèrent jusqu’à la mort du Prophète (lorsque les révélations furent toutes réunies après sa mort, l’ordre chronologique avait été perdu) ; les témoins remarquèrent qu’à chaque révélation, le prophète avait littéralement des sueurs froides abondantes.

Avec le temps et au fur et à mesure que l’autorité de Muhammad s’imposait sur la première communauté de musulmans fondée par lui à Médine, les révélations s’allongeaient, perdant de leur caractère d’urgence et portant davantage sur les solutions aux problèmes pratiques auxquels étaient confrontés le Prophète et ses disciples.

Les diverses sources sur les premiers disciples de Mohammed à La Mecque ne s’accordent que sur le fait que ces derniers n’étaient ni nombreux ni puissants et qu’ils étaient farouchement combattus par la majorité des Mecquois, qui les accusaient de détrôner la religion de leurs ancêtres. Ses premiers adeptes furent Ali, son cousin germain, âgé de dix ans, Zayd, Abou Bakr (un magistrat, qui sera le premier calife), Othman (3ème calife), puis Hamzah et Omar Abu Hafsa ibn al-Khattab (2ème calife).

Un des épisodes rapportés par des sources traditionnelles et généralement considérés par les musulmans comme une pure invention concerne ce que certains exégètes modernes ont appelé les « versets sataniques » (expression inconnue des récits traditionnels).

Désespéré de ne pouvoir rallier à lui les Mecquois, Mahomet aurait été tenté par Satan pour proclamer comme révélation divine des versets pervers qui reconnaissaient dans l’Islam trois déesses du panthéon des Mecquois (Lat, ’Uzza et Manat, « filles de Dieu ») comme des intermédiaires entre les hommes et Dieu.

En apprenant cette nouvelle, les Mecquois se réjouirent et embrassèrent la nouvelle religion.

Plus tard, Gabriel apparut à Muhammad et lui apprit que ces révélations lui avaient été inspirées par Satan et il lui dicta les véritables versets divins que l’on trouve aujourd’hui dans le Coran (sourate LIII, 19-20-23) dans lesquels ces déesses sont démystifiées et présentées comme n’étant « que des noms » sans aucune puissance ni réalité.

Lorsque ces versets rectifiés furent annoncés aux Mecquois, ces derniers abandonnèrent l’islam et revinrent à leur paganisme originel.

L’opposition à Mahomet était si forte à La Mecque qu’un grand nombre de ses disciples avait dû se réfugier en Abyssinie, chez les chrétiens éthiopiens, de l’autre côté de la mer Rouge.

Mahomet, pourchassé, aurait été dissimulé par la toile d’une araignée.

Un acte solennel du chef de la tribu des Quraychites défendit à ses membres de contracter mariage avec les musulmans.

Cet acte, déposé dans la Kaaba, fut le signal d’une sorte d’émigration sur une montagne voisine de La Mecque où les adhérents de Mahomet se réunirent autour de lui et d’Abou Talib et séjournèrent trois ans.

En 619, moururent Abou Talib et Khadîdja, ce qui valut à cette année le nom « d’année de deuil ».

Le pouvoir politique d’Abou Talib étant passé entre les mains des adversaires de l’islamisme, le prophète dut chercher un refuge à Taïef, ville située à vint cinq ou trente lieues de La Mecque mais il y fut mal reçu et retourna à La Mecque.

En 621, Muhammad raconta que Gabriel vint le voir la nuit et lui amena El Bourak, une jument à tête de femme.

Muhammad la chevaucha et fila comme l’éclair à Jérusalem.

Il atterrit sur le mont Moriah où il rencontra Abraham, Moïse et Jésus, puis, du Rocher, il s’envola au ciel où il reçut les commandements de Dieu, notamment les 5 prières quotidiennes [c’est le célèbre récit du voyage et l’ascension (El Asra Wal Meraj) et de la Visite nocturne (Isra) qui ont donné lieu à de nombreuses allégories, notamment dans l’Islam mystique (soufi) et qui auraient inspiré à Dante sa Divine Comédie] avant de retourner à la Mecque.

Certains disent que le prophète a rêvé ce voyage, d’autres pensent qu’il l’a fait physiquement :

« La vérité que reconnaissent la plupart des théologiens musulmans anciens et modernes est que le prophète fit effectivement le Voyage nocturne en se déplaçant corporellement, ce que prouvent aussi toutes les traces de ce voyage avec une évidence qui ne prête guère à équivoque pour celui qui les recherche et les étudie. » (An Nawawi)

Muhammad commença à appeler les autres tribus arabes à l’islam, puis le monde entier en envoyant des messages aux rois, aux chefs des tribus et aux nobles de Médine.

Il entra en contact avec des habitants de Yathrib, une oasis située à environ 350 kilomètres au nord-ouest de Mekka, qu’on appelait aussi Médine (al-Madina, « la ville »).

Deux tribus arabes, les Awas et les Khazradj, s’y combattaient sans arrêt avec l’appoint fluctuant de trois tribus juives qui y avaient établi un centre intellectuel important.

Des mandataires des deux tribus arabes conclurent un accord, El Aqaba, avec Muhammad.

On l’accueillerait à Médine et il y rétablirait la paix, jouant un rôle d’arbitre inspiré de Dieu dans les disputes tribales.

Muhammad demanda alors aux fidèles mekkois (environ 70 hommes et femmes), les premiers musulmans (muslimun « celui qui remet son âme à Allah »), d’émigrer à Médine.

Les Mecquois décidèrent de choisir un homme fort et jeune de chaque tribu et de lui donner une épée empoisonnée pour tuer Muhammad dès qu’il sortirait devant sa porte.

Mais Muhammad laissa sa place son cousin Ali et partit, en cachette, avec son conseiller préféré, Abou Baker.

Toutes les tentatives des Quraychites pour tuer Muhammad avant son arrivée à Médine échouèrent.

Muhammad et Abou Bakr, arrivèrent à Médine (où Muhammad laissa sa chamelle lui indiquer sa demeure) en septembre 622. C’est l’année de l’Hégire (Hijra : « émigration » et non « fuite »).

Cet événement inaugura l’établissement de la première communauté musulmane (umma) à Yathrib qui prit le nom de Madinat al-Nabi « la ville du Prophète » et la construction du premier sanctuaire musulman où le Prophète dirigeait la prière.

Le calendrier musulman de l’ère de l’Hégire institué par Omar commence le 16-7-622 [des recherches ont montré que l’Hégire aurait eu lieu en septembre (le 22, 23 ou 24), mais la date traditionnelle a été maintenue].

La communauté médinoise comprenait au départ des païens, des musulmans et un grand nombre des juifs qui vivaient dans la région.

Plus tard, la communauté ne fut plus composée que de musulmans, mais tous ses membres n’avaient pas adopté l’islam par conviction. On appela ces derniers les hypocrites ou les douteurs (munafiqun).

Les tribus juives, qui avaient été au départ acceptées au sein de la communauté, étant soupçonnées de soutenir les ennemis du Prophète, et les chrétiens lui ayant tourné le dos (tout objet évoquant une croix devait être banni de la maison idéale), Muhammad « abrahamisa » son message.

1.3 La Mecque Début de page

La prière ne se fera plus tourné vers Jérusalem, mais vers La Mecque (624) où se trouvent la Station d’Abraham [bloc de pierre sur lequel Ibrahim monta pour reconstruire les murs de la Kaaba, « Cube » de 11 m de côté, édifiée par Adam et détruite par le Déluge (elle fut reconstruite au Xe siècle après un incendie) et dans laquelle est enchâssée la pierre noire (car noircie par les péchés des hommes), météorite de basalte, donnée à Abraham par l’archange Gabriel] et le Puits de Zamzam (ou Zem-zem) d’où l’eau avait jailli miraculeusement pour éviter qu’Agar et son fils Ismaël ne meurent de soif.

[La mosquée dite d’Omar ou Dôme du Rocher, a été construite vers 710 par le sultan Abd al-Malik sur l’emplacement du temple de Salomon, au sommet du mont Moriah, au-dessus d’un rocher sacré d’environ 9 m de diamètre, la Shetiyyah (pierre), la fondation du monde. Pour les musulmans, c’est là que venaient les anges avant la création d’Adam. L’arche de Noé en fit 7 fois le tour et Abraham y prépara le sacrifice de son fils Ismaël. Une inscription en arabe, à l’intérieur du Dôme, déclare : « Ô toi, Peuple du Livre, n’outrepasse pas les bornes de ta religion et ne dis de Dieu que la vérité. Le Messie, Jésus, fils de Marie, n’est qu’un apôtre de Dieu, son verbe transmis à travers Marie, et un esprit qui procède de lui. Crois donc en Dieu et en ses apôtres, et ne dis pas qu’ils sont trois. Mieux vaudra pour toi. Dieu est le seul et unique Dieu. Qu’il soit indigne de sa gloire d’avoir eu un fils. »]

Le sanctuaire de la Kaaba se trouvant à La Mecque, il fallait conquérir cette ville sainte : ce sera le devoir du djihad (guerre sainte) qui procurait le salut à celui qui trouvait la mort (Voir Le djihad ). Ses succès militaires représentèrent l’une des principales raisons de l’autorité grandissante du Prophète.

En 623, le combat de Nakhla fit les premiers morts : quatre bédouins furent tués par huit musulmans. Le 21 mars, les Mecquois durent renoncer à assiéger Médine.

Mahomet légalisa la pratique traditionnelle de la razzia (attaques de caravanes et rapts).

L’attaque qu’il lança, à la tête de 313 hommes, sur les caravanes qurayshites devant les puits de Badr, le 14 mars 624, lui assura une victoire écrasante sur ses ennemis mecquois, pourtant supérieurs en nombre (950) dont il tua 70 hommes (les anges auraient combattu au côté des croyants).

Parmi les prisonniers étaient Abbas, son oncle, et Ocaïl, frère d’Ali, qui consentirent à se faire musulmans.

Muhammad fit décapiter deux de ses ennemis tombés entre ses mains et jeter les cadavres des morts dans un puits.

Peu après Badr, des poètes médinois païens qui avaient injurié le Prophète furent exécutés et le clan juif de Qaynuqa, à la suite d’une querelle engagée sur un motif trivial, fut expulsé de Médine et ses biens confisqués.

Le 23 mars 625, Muhammad, sorti de Médine à la tête d’un millier d’hommes, fut battu devant la colline d’Ohod par les Quraychites (3 000 hommes conduit par Abou Soufyan).

Soixante-dix compagnons furent tués : ils devinrent les premiers « martyrs du djihad ».

Selon la tradition, Fatima pansa les blessures de son père et celles de son mari (Ali) puis se recueillit sur les tombes des musulmans tués (les chiites considèrent Fatima comme l’une des plus grandes saintes de l’islam ; on lui attribue également une amulette la « main de Fatima » protégeant du mauvais sort).

Muhammad expulsa alors encore une tribu juive de Médine, les Beni Nadir, soupçonnés de mauvais desseins.

Il existait une grande mixité dans l’Islam à l’époque du prophète.

En 626, une de ses épouses, Zainab, étant sortie la nuit pour satisfaire un besoin naturel et ayant été importunée par des hommes, le prophète recommanda aux femmes de se voiler pour qu’elles puisent être reconnues comme telles et respectées (Voir Le voile islamique ).

La même année :

- Muhammad fit défense aux fidèles de boire du vin et des liqueurs fermentées, comme aussi de se livrer à des jeux de hasard.

- massacre des juifs Béni Khazradj, partage des familles et du butin ; Muhammad fait couper les palmiers de l’oasis des juifs Beni Nadhir.

Une expédition heureuse sur la frontière de Syrie, d’où il rapporta un riche butin, permit à Muhammad de résister aux Qurayshites qui vinrent assiéger Médine avec 10 000 hommes en 627.

Il fit creuser un fossé autour de Médine (bataille du Fossé), pour empêcher l’ennemi de pénétrer dans la ville.

On resta vingt jours à s’observer.

Ali provoqua et tua trois des principaux Qurayshites en combat singulier.

Enfin, le vent ayant renversé leurs marmites et plusieurs autres prodiges les ayant effrayés, les assaillants, mal préparés pour un siège, finirent par partir.

Muhammad profita de ce succès pour éliminer la tribu juive qui restait à Médine, les Beni Qurayza.

Il les insulta : « Ô vous, singes et cochons » et les accusa d’un comportement suspect (il déclara que son « frère » Gabriel l’avait prévenu que les Juifs complotaient sa mort) : 900 hommes et jeunes garçons furent décapités au bord d’une fosse en un seul jour, les enfants et les femmes vendus comme esclaves et leurs biens saisis.

Mahomet prit, parmi les Beni Qurayza, une jeune fille très belle, comme butin personnel.

La même année : expédition contre la tribu des Beni Moustalik.

Le prestige de Muhammad ou la peur qu’il inspirait, s’en trouvèrent renforcés au point que les tribus des régions avoisinantes commencèrent à sceller des alliances avec lui et à se convertir à la nouvelle religion.

En mars 628, suivi par 1 400 hommes (il comptait sur le concours de plusieurs tribus qui n’envoyèrent pas leur contingent), il se dirigea vers La Mecque et y envoya Othman pour négocier.

Ce dernier tardant à revenir, on crut à tort qu’il était mort et le prophète fit prêter le serment sous l’arbre (serment de fidélité et obéissance).

Finalement, le traité de Hudaibiya fut conclu au prix de certaines concessions : trêve de 10 ans, statut des Musulmans équivalent à celui des Mecquois, droit d’aller faire leurs dévotions à la Kaaba à partir de l’année suivante mais à la condition de ne pas séjourner plus de trois jours à La Mecque, droit de conclure des alliances avec n’importe quelle tribu arabe, sans rompre la trêve conclue.

La même année : rapt des femmes et enfants de la tribu des Moshjarik ; prise de l’oasis juive de Fadak comme butin personnel de Muhammad ; soumission des juifs de Wadil Qora.

En 629, Muhammad envahit, à la tête de 1 600 hommes, le territoire de la tribu juive de Khaibar.

Les Juifs furent vaincus et Muhammad épousa Safiiyah, la veuve de leur chef.

Les vaincus ne furent pas chassés en échange du paiement d’une rente aux musulmans.

Le prophète étant allé manger chez Zainab, sœur du chef qui avait péri, elle lui servit une épaule de mouton empoisonnée.

Un des officiers de l’armée musulmane, qui en avait mangé le premier, tomba mourant, et Muhammad, qui avait dans la bouche un morceau de viande empoisonnée, le rejeta aussitôt. Mais il était déjà à demi empoisonné et sa santé s’en ressentit jusqu’à sa mort.

La même année, il accomplit solennellement son pèlerinage à La Mecque.

Début 630, avec 10 000 soldats, Muhammad assiégea La Mecque puis il y entra sans coup férir le 11 janvier (il décida une amnistie générale ; seuls quelques-uns qu’il désigna furent exécutés).

Le temple de la Kaaba, devenu le centre de l’islam, était dès lors accessible à tous les musulmans.

Muhammad vida la Kaaba des 360 idoles qu’elle contenait et les brisa (même celles d’Abraham et d’Ismaël) ; on dit qu’il épargna les icônes de Marie et de Jésus.

A la loi tribale et à la notion de race, il substitua la communauté des musulmans (umma).

Il abolit la razzia qu’il remplaça par la guerre sainte (djihad) contre les infidèles.

1.4 Muhammad définit l’Islam Début de page

- les obligations [principalement les 5 piliers de l’Islam (la profession de foi « chahada » : « Il n’y a pas d’autre Dieu qu’Allah et Muhammad est son prophète et le dernier des prophètes », croyance au jugement dernier, au diable, aux anges, aux djinns, et aux prophètes anciens ; les 5 prières quotidiennes, le jeûne du Ramadan (fixé le mois de la victoire de Badr), l’aumône légale et le pèlerinage à La Mecque), toutes les actions nobles sont réservées à la main droite, etc.]

- et les interdits [idoles, jeux de hasard, porc, bête morte, pierres dressées (les bétyles étaient des pierres sacrés, réceptacles de la puissance divine, vénérées par les Arabes ; au cours du pèlerinage, 3 « piliers de Satan » érigés à Minha, figurant Satan qui invita par 3 fois Abraham à désobéir à Dieu en refusant de lui sacrifier son fils, sont lapidés par les fidèles, à raison de 7 cailloux par colonne), sacrifice de la petite fille enterrée vive en l’honneur d’une déesse, etc.]. Les bijoux furent interdits aux hommes mais pas les parfums dont le prophète était grand amateur.

Après la conquête de La Mecque, l’autorité et le prestige du Prophète se répandirent dans toute l’Arabie et les forces musulmanes parvinrent jusqu’au sud de la Syrie.

En 630, la bataille de Môteh (ville où étaient fabriqués les sabres byzantins) fut la première bataille entre chrétiens et musulmans (ces derniers furent repoussés).

La même année : soumission des juifs et chrétiens de Makna, Eilat, Jarba ; massacre de la tribu des Beni Djadsimaa ; bataille de Houynan contre les tribus hawazites.

En 631, dans le défilé de Hunaïn, les Compagnons firent volte-face devant les bédouins infidèles ; le prophète lança alors une poignée de terre vers les idolâtres qui s’enfuirent.

La même année : attaque de la ville byzantine de Tabouk, soumission de la ville, tribut pour les chrétiens ; apostasie (soumission ou élimination) de la tribu chrétienne des Abdul Qaïs ; soumission des chrétiens de Nadjran.

632 : hérésie d’Al Aswad, chef yéménite, apostat et magicien, qui finira par se soumettre mais sera décapité en 633 ; soumission de la tribu chrétienne des Taghlibites.

La même année, Muhammad fit le voyage de Médine à La Mecque pour accomplir son dernier pèlerinage (hajj), appelé depuis « visite d’adieu » ; il prononça son dernier sermon à Arafat (où Adam retrouva Eve après leur expulsion du paradis) devant 114 000 pèlerins.

Le Prophète mourut, le 8 juin, 2 mois après son retour à Médine, après une maladie de 15 jours (douleur et fièvre), la tête sur le sein d’Aïcha, et fut enterré dans sa maison (une mosquée, considérée aujourd’hui comme la seconde mosquée la plus importante de l’islam, fut élevée au-dessus de son tombeau). Une comète aurait annoncé son trépas.

Lors de la réunion du vestibule, les Compagnons désignèrent Abou Bakr comme successeur (Calife) et non Ali.

On dit que, trop préoccupés par la succession, les compagnons avaient oublié l’enterrement de Muhammad qui eut lieu 3 jours après sa mort et que ce furent les anges Gabriel et Azraïl, qui l’avaient assisté dans son agonie, qui pratiquèrent les soins mortuaires.

En 633, Abou Bakr donna l’ordre de convertir ou de massacrer toutes les tribus : Qorra, chef des Beni Amir apostats, fut décapité, sa tribu massacrée ; la tribu des apostats Beni Kinda fut anéantie ; les apostats de Bahrein durent se soumettre...

Après la mort du Prophète, des rébellions de mauvais croyants donnèrent l’idée de les occuper à des conquêtes extérieures. Le djihad tendit à supprimer les dangers internes à la communauté islamique tout en permettant l’expansion de la nouvelle religion.

A la fin des temps, apparaîtra le Mahdi (le « bien dirigé » de Dieu) chargé de rassembler les croyants et de convertir le monde à la foi musulmane ; puis, l’antéchrist, « Dajjal » (l’imposteur), surgi entre l’Irak et la Syrie, sera vaincu par Jésus.

Selon plusieurs hadiths, le Prophète a annoncé la venue du Mahdi. Son arrivée sera annoncée par une comète et, au cours du même mois de Ramadan, il y aura une éclipse de lune et une éclipse de soleil (mais le lieu duquel elles seront visibles n’est pas indiqué).

Selon Koleib ibn Djaaber, Mahomet aurait dit : « Après moi, il y aura des califes, des émirs ; après les émirs, des rois superbes ; c’est alors que viendra le mahdi, il sortira de ma famille et il remplira le monde de justice. »

Ibn Abbas prête au Prophète cette parole : « Quatre croyants et infidèles ont régné sur le monde : les croyants sont Zoulkarneïn (Alexandre le Grand) et Soleïman (Salomon) ; les infidèles Nemrod et Bokht-en-Nsar (Nabuchodonosor) ; le cinquième qui le gouvernera sera le mahdi ; il sortira de ma famille. »

Le sunnisme orthodoxe considère que le mahdi n’est pas encore venu.

« Mahomet, d’après des écrivains arabes, était de moyenne taille et d’un tempérament sanguin ; il avait la tête grosse, le teint basané, mais animé par de vives couleurs, les traits réguliers et fortement prononcés ; ses yeux étaient grands, noirs et pleins de feu, son front large et un peu avancé, son nez aquilin, ses joues pleines, le contour de sa mâchoire bien proportionné ; sa bouche grande, ses dents blanches et un peu écartées ; ses cheveux noirs et sa barbe épaisse commençaient à peine à blanchir ; il avait un petit signe noir à la lèvre intérieure, et entre les sourcils une veine qui s’enflait lorsqu’il se mettait en colère. Sa physionomie était douce et majestueuse et sa démarche dégagée, malgré son embonpoint. Il avait les os gros et solides, les plantes des pieds et les paumes des mains fortes et rudes, l’ouïe fine, la voix belle et sonore, et entre les deux épaules une loupe que les mahométans appellent le sceau de prophétie, et qui disparut après sa mort. » (Sylvestre de Sacy)

2. Les Écrits de L’Islam

2.1 Le Coran Début de page

Le Coran (« lecture, récitation »), comprenant 114 sourates, est le Livre sacré des musulmans, révélé par Dieu à Muhammad par l’intermédiaire de l’ange Gabriel.

Le texte du Coran, qui demeure la base essentielle de l’islam, n’a pas été établi du vivant de Mahomet.

A cette époque seuls quelques compagnons, appelés les secrétaires (Obayy ben Ka’b, Abdallah ben Abou Sarh, Zaïd ben Thâbit entre autres), avaient transcrit des fragments de la révélation ; nul ne songeait à en établir un recueil complet, car presque tous les Croyants savaient par cœur les diverses sourates.

Vers l’an 11 de l’Hégire, Omar, sur le conseil du calife Abu Bakr, fit appel au jeune Zaïd ben Thâbit pour rassembler tout ce qui était écrit et tout ce que les compagnons retenaient en leur mémoire ; celui-ci le consigna sur des feuilles qu’Omar remit à sa fille Hafça, veuve du Prophète.

Jusqu’à la mort d’Omar ce texte n’eut aucun caractère officiel, d’autres rédactions ayant d’ailleurs été faites par quatre autres compagnons : Obayy ben Ka’b, Abdallah ben Mas’oud, Abou-Mousâ et Miqdâd ben Amr ; elles n’étaient pas identiques et les divergences qui les séparaient entraînèrent des divisions parmi les musulmans, l’une des rédactions étant adoptée à Damas, une autre à al-Koufa, une troisième à Bassorah, la quatrième à Homs.

Vers 650, le calife Othman ordonna la recension complète du Coran en désignant une commission de 4 membres qui, sous la direction de Zaïd, établit, d’après les feuilles de Hafça, le texte officiel du Coran.

L’original resta à Médine et des copies furent envoyées dans les villes où s’étaient répandues des rédactions différentes.

Cette « vulgate » dont le plus ancien exemplaire conservé daterait de 877 et qui ne peut prétendre embrasser la totalité des révélations, contient sans doute des passages interpolés ; cependant son authenticité est admise unanimement par les musulmans (les sectes contestant seulement certains passages ou le caractère exhaustif de la recension).

Selon le Coran, Muhammad, le Sceau des Prophètes, a été annoncé par Jésus, c’est le Paraclet de l’évangile de Jean (XVI, 7-14) : « Je suis l’apôtre de Dieu, disait Jésus, fils de Marie, à son peuple. Je viens confirmer le Livre qui m’a précédé et vous annoncer la venue du prophète qui me suivra, et dont le nom est Ahmed...? (Coran LXI, 6 ; trad. Kasimirski).

2.2 Autres Écrits Début de page

- Le hadith est l’ensemble des écrits consacrés à la vie de Mahomet, à son œuvre et à son enseignement : il constitue la sunna (voie, chemin) qui, avec le Coran, est le fondement de la religion et du droit musulman.

- La charia est la loi comprenant l’ensemble des obligations procédant du Coran et de la sunna.

- Le fiqh (dogme) est le droit jurisprudentiel de l’islam permettant d’interpréter et d’appliquer la charia.

- La vie du Prophète (Sirah) fut, après sa mort, recueillis par ses successeurs.

De nombreux exégètes modernes reconnaissent la véracité des faits rapportés par la tradition sur la vie de Mahomet, mais émettent des réserves sur les éléments miraculeux et surnaturels qui y sont rattachés (notamment des guérisons extraordinaires).

Tentant d’expliquer la vie et les activités de Mahomet par des facteurs économiques, politiques, sociologiques et psychologiques, les chercheurs non musulmans ont souligné le rôle des routes commerciales de l’ouest de l’Arabie dans le développement des conditions sociales favorables à l’émergence d’une nouvelle religion, ainsi que dans la pénétration des influences juives et chrétiennes (nestoriens) dans cette région.

Anges et démons dans l’islam : voir Les anges et les démons judéo-chrétien et islamique

3. Divisions de la religion musulmane

3.1 Le Chiisme Début de page

« Chiisme » (de l’arabe shià « Parti ») est le nom donné à l’une des deux grandes divisions de la religion musulmane, l’autre étant le sunnisme.

Le chiisme désigne les partisans qui se groupèrent autour d’Ali, gendre de Mahomet, jugeant que les trois califes qui l’avaient précédé étaient des usurpateurs.

Après l’assassinat du troisième khalife, Osman, Ali fut choisi comme successeur du Prophète mais son règne fut troublé par une guerre civile dont il triompha (Aïcha, fille d’Abou Bakr et veuve du prophète, se révolta contre lui et s’avança à la tête d’une armée pour le combattre ; elle fut vaincue et tomba au pouvoir d’Ali, qui la respecta et la fit reconduire à la Mecque).

Les kharijites (les « sortants » de kharadja « sortir »), puritains de l’islam connus pour leur rigorisme, se séparèrent de la communauté majoritaire après être entrés en dissidence avec Ali à qui ils reprochaient sa compromission avec Muawiya lors de l’« arbitrage » de Siffîn.

Vaincus, les Kharijites vaincus assassinèrent le khalife en 661 puis Hossein (ou Hussein), l’un des fils d’Ali, fut tué en 680 à Kerbela où son tombeau est un lieu de pèlerinage pour les chiites.

De ce meurtre provient le grand schisme de l’islam.

La communauté kharidjite, qui récuse aussi bien les chiites que les sunnites, s’est perpétuée dans la secte ibadite (remontant à Abdallâh, fils d’Ibâd, VIIe s.).

Les ibadites fondèrent en 761 à Tahert « la Purifiée » (à 9 km de Tiaret, Algérie), une communauté prospère, la seigneurie rostémide (détruite en 909) dont les continuateurs sont les actuels Mzabites [survivances à Mascate, Zanzibar, Djerba (Tunisie), Mzab (Algérie), sultanat d’Oman (d’où leur nom, parfois, d’Ibadites). 1 million de membres]

Les chiites d’Iran ne reconnaissent que l’hérédité annoncée par Mahomet et considèrent légitimes ses descendants jusqu’au douzième imam, Al Mahdi qui, disparu en 873, reviendra au jugement dernier en tant que Messie, selon la prophétie de Mahomet (alors que pour les ismaéliens al Mahdi est le septième imam).

Depuis le IXe siècle, les chiites assurent que des imams cachés existent et sont les véritables détenteurs de la connaissance.

A l’inverse du sunnisme, le chiisme est ouvert au mysticisme (soufisme et derviches) et tolère les représentations d’animaux, d’hommes et d’êtres imaginaires et fantastiques.

Le chiisme regroupe 10 à 13 % des musulmans du monde.

Les chiites attendent la réapparition de « l’Imam caché » à la fin des temps et se répartissent en groupes qui divergent quant au nombre des imams.

De nos jours, les sectes chiites les plus importantes sont les ismaïliens (septimains), les imamis (duodécimains), les zaydites (Yémen), les druzes (Liban, Syrie), les azéris (Turquie) et les alaouites ou nusayrîs (Syrie).

Les chiites ismaéliens sont connus sous le nom de septimains ou septimaniens, parce qu’ils ont accepté à l’origine l’autorité de 7 imams, dont Ismaël, fils de Jafar al Sadiq (mort en 765), est le dernier. Mais Ismaël est mort avant son père. La succession de Jafar aboutit à la séparation en deux branches de l’imamat chiite en 765.

Les partisans d’Ismaël restent fidèles au dogme, en maintenant la primauté de la généalogie sur toute autre considération.

Ceux qui reconnaissent l’autre fils, Musa, comme héritier naturel, sont supposés être les précurseurs des Imamis (ou duodécimains).

Certains ismaéliens refusent de reconnaître la mort d’Ismaël, prétendant qu’il est passé en « occultation » (ou Rhayba) et qu’il reviendra à la fin des temps en qualité de mahdi (le Bien Dirigé, l’Attendu).

Quant aux autres chiites ismaéliens, ils pensent qu’Ismaël avait lui-même désigné son fils Muhammad en tant que successeur (avant son décès prématuré).

Les ismaïliens établissent une nette distinction entre le zahir, extérieur et exotérique de la religion, et le basin, intérieur et ésotérique. Le zahir concerne tout ce qui est parlant et signifiant, évident et transmis par les textes du Livre et qui peut être transformé. Le basin est symbolique et concerne essentiellement les vérités éternelles transmises par la Tradition et la symbolique, que seule l’analyse et l’exégèse peuvent amener à la conscience, à la manière dont la gnose transmet la connaissance.

Les ismaéliens ont de l’histoire une conception cyclique qui la répartit en 7 âges différents dont le premier temps est toujours marqué par la Révélation faite à un prophète. C’est ainsi que se succédèrent Adam, Noé, Abraham, Moïse, Jésus et Mahomet.

Le septième imam de cette révélation est Muhammad ibn Ismail, qui sera le mahdi venu abolir l’actuel islam et faire cesser la dichotomie entre zahir et basin.

A la suite de chacun de ces personnages, un imam vient annoncer qu’un cycle se termine et qu’un autre commence : c’est ainsi qu’Ali apparut après Mahomet pour révéler le sens intime du Coran.

Plus d’un siècle plus tard, la communauté ismaélienne a développé un ensemble complexe de systèmes et de croyances spirituelles et théologiques et s’est séparée en plusieurs groupes, dont certains, comme les Qarmates (Qaramita), continuent à penser que le dernier imam est en occultation, tandis que d’autres, tels les Fatimides, ont abandonné les principes originaux du mouvement.

Les ismaéliens sont souvent considérés par les autres musulmans comme des marginaux, sinon comme des rebelles et, sentence plus définitive, comme des apostats.

Ils ont été durement persécutés par les sunnites et regardés avec suspicion par les chiites imamis.

Leurs imams, comme les soufis et les chiites imamis, peuvent accéder aux significations cachées (batin) du Coran au moyen d’interprétations ésotériques (tawil).

Bien que divisé en plusieurs sectes, l’ismaélisme a d’abord adopté dans sa doctrine des éléments du gnosticisme puis, ultérieurement, du néoplatonisme, puis s’est orienté vers un système émanationniste, qui considère que le monde est une émanation de la divinité, système également adopté par certains sunnites proches de la démarche philosophique des soufis, à l’instar du penseur andalou Ibn Arabi. (Voir Manichéens et les mots en « isme )

A la fin du IXe siècle, un État ismaélien est instauré par les Qarmates à Bahreïn et à Oman, et un autre au Xe siècle par les imams fatimides d’Afrique du Nord. Ces derniers se proclament eux-mêmes califes, et donc rivaux du grand califat abbasside sunnite.

Les Fatimides conquièrent l’Égypte en 969, fondent Le Caire et la mosquée al-Azhar, et développent un État fort à la culture brillante, prospère jusqu’au XIIe siècle. De nos jours, les deux principales branches des ismaéliens sont issues des Fatimides. Un groupe séparé d’ismaéliens fatimides, les Nizârites, établit en 868 une forteresse dans les montagnes du nord de l’Iran, à Alamut, et au Liban au XIIe siècle.

En 1090, Hasan ibn al-Sâbbâh fonde une société secrète dont les membres sont qualifiés par les sunnites de hachichiyin (« enivrés de hachisch »), terme transformé en « Assassins » par les Croisés.

En effet, la secte emploie le meurtre politique comme mode d’action et infiltre ses membres au plus haut niveau de l’entourage des émirs, des vizirs, et même des califes.

Elle conquiert de nombreuses places fortes en Perse et constitue une dynastie. Elle est détruite en 1256 après la prise d’Alamut par les Mongols.

Cependant, des membres de la secte se réfugient en Syrie sous la direction spirituelle du « Vieux de la Montagne », détenteur de la doctrine secrète du Coran et de « la coupe » des chevaliers de l’islam.

Les membres de la secte, appelés fidâiyyûn (ceux qui se sacrifient), accomplissent leur mission jusqu’au sacrifice de leur vie.

Les historiens ont signalé à plusieurs reprises les analogies de doctrines reliant les ismaéliens aux Templiers. Les deux ordres étaient à la fois initiatiques et militaires et portaient le titre de Gardien de la Terre sainte. (Voir Ordre du Temple )

Dans les rites d’Alamut, le grade de chevalier était conféré non par des princes, mais par les sheiks « maîtres spirituels ».

Les chroniques musulmanes de Syrie mentionnent plusieurs élévations au grade de chevalier, conférées parmi les ismaéliens, dont la première eut lieu en 578 de l’hégire soit en 1182.

Au début de la conquête de la Palestine, les Templiers entrèrent en contact avec les ismaéliens du Vieux de la Montagne, Hasan ibn al-Sâbbâh.

Les rencontres avaient lieu dans la forteresse musulmane d’Alamut, dans les montagnes de Syrie.

Al-Sâbbâh régnait sur ce nid d’aigle, avec ses fidâiyyûn ou fedaïn, véritable confrérie de moines guerriers.

Sur cette citadelle flottaient quatre drapeaux : un blanc pour la pureté, un jaune pour la dévotion, un rouge pour là guerre et un vert pour la Connaissance secrète d’Allah.

Les relations de l’ordre du Temple avec l’islam étaient avant tout d’ordre initiatique.

Les Templiers allaient jusqu’à armer des chevaliers catholiques grecs hostiles à la papauté, ainsi que des ismaéliens initiés comme ils l’étaient eux-mêmes.

Retranchés dans leurs châteaux d’Irak et de Syrie, les membres de l’ordre ismaélien avaient un vêtement voisin de celui des Templiers, portant sur une robe blanche une ceinture rouge.

Dans la constitution des deux ordres, la hiérarchie était identique, les degrés étaient les mêmes, ce qui tend à montrer qu’une relation secrète, ésotérique, existait bien entre les Templiers d’Orient et l’ordre des ismaéliens.

Depuis le XVe siècle, les Indiens khodjas (du persan khwadja « seigneur ») forment la plus importante des confréries ismaéliennes avec 20 millions d’adeptes.

Ils sont les descendants spirituels des Nizârites (Assassins) d’Iran et du Liban et leur lignée d’imams se perpétue de nos jours, l’actuel imam étant appelé Aga Khan (titre honorifique à la cour de la dynastie kadjare de Perse - 1779-1924 - devenu depuis 1881 celui de chef spirituel).

Les bohras, dont le siège se trouve à Bombay, croient leur dernier imam en occultation et acceptent l’autorité du « dai absolu » en qualité de délégué.

Les ismaéliens se trouvent au Pakistan, en Inde, en Syrie et au Soudan. Autre branche : celle des nusayrîs ou alaouites de Syrie.

Les chiites duodécimains ou imâmites reconnaissent 12 imams d’où leur nom : imâmiya « ceux qui croient en 12 imams ».

Le onzième imam, Hassan al-Askari, descendant direct d’Ali II (quatrième imam, fils du troisième), épousa une princesse chrétienne convertie, Nargis Khatum, fille de l’empereur de Constantinople.

Son fils, le douzième imam, Muhammad al-Mahdi, ou Imam al-Mahdi, décida de « s’occulter » en 873, dès la mort de son père.

D’après la prophétie, il doit être le Mahdi, le calife bien guidé, dont le retour (ayant lieu en même temps que celui du prophète Jésus) inaugurera une ère de justice et de bonheur.

La plupart des chiites croient qu’il n’est pas mort et qu’il reviendra lui-même quand les Temps seront accomplis.

Les imamis forment de loin la plus importante des sectes chiites, même si leurs imams n’ont jamais atteint la puissance politique des imams ismaïliens et zaydites.

L’imâmisme est la religion majoritaire officielle de l’Iran depuis le début du XVIe siècle ; elle est également représentée en Irak, au Sud Liban, en Inde, au Pakistan, en Afghanistan et en Russie.

Les imams zaydites, ainsi nommés d’après Zayd ibn Ali (+ 740), n’ont pas adopté la principale doctrine chiite de l’imamat.

Zayd, le fondateur éponyme du zaydisme, combattit activement son frère quiétiste, Mohammed al-Baqir (que les imamis et les ismaïliens considèrent respectivement comme le 4e et le 5e imam).

En 898, se constitua, au Yémen, la dynastie chiite zaydite qui allait se maintenir jusqu’en 1962. Les zaydites sont majoritaires au Yémen (45 p. 100 de la population totale).

Abu Ali al-Mansur, dit « al-Hakîm », le calife le plus controversé de l’Égypte fatimide, extravagant au point qu’on l’a dit fou, déchaîna le fanatisme musulman, fit détruire l’église du Saint-Sépulcre en 1009, persécuta les chrétiens et les juifs en 1012, puis permit aux convertis à l’islam de revenir à leur foi première.

En 1013, il protégea les églises de Jérusalem et fit restituer les biens confisqués.

Autoproclamé « incarnation divine » en 1017, il disparut le 13-2-1021 au cours d’une promenade nocturne sur le mont Mukattam, probablement assassiné.

Un de ses fidèles, Muhammad al-Darazi répandit sa doctrine en Syrie où il fonda la secte des druzes.

Les druzes croient que le calife n’est pas mort et qu’il réapparaîtra un jour.

3.2 Le Sunnisme Début de page

Les sunnites, qui constituent près de 90% des musulmans, mettent l’accent sur la fidélité à la tradition (sunna) et se considèrent comme orthodoxes par rapport aux chiites.

Ils reconnaissant les 4 premiers califes comme légitimes et, partisans de l’élection, désignent le successeur du prophète (le calife).

La théorie des sources de la loi sunnite, sans laquelle il n’était pas possible de produire des recueils de hadiths, fut élaborée vers la fin du IIe siècle de l’Hégire par Mohammad al-Chafii. Avant lui, les juristes musulmans n’étaient pas très rigoureux dans le choix des sources et bon nombre d’entre eux s’en tenaient à leur propre jugement. Cet état de choses permettait d’apporter une multitude de réponses à un seul problème et menaçait de devenir un facteur de division au sein de la communauté.

Al-Chafii posa le principe selon lequel, lorsqu’il existait un verset coranique ou un hadith relatif à la question posée, il fallait le considérer comme l’autorité en la matière aux dépens de toutes les autres sources.

Ce fut l’acceptation générale de la théorie d’al-Chafii qui marqua réellement l’émergence de l’islam sunnite.

En dehors du Coran et de la Sunna, il existe une troisième source théorique importante de la loi sunnite, qui est constituée par le consensus de l’ensemble des musulmans : l’ijmaa.

Si la communauté accepte une pratique ou une doctrine, celle-ci devient légitime, même si elle n’est pas justifiée par un verset ou un hadith.

Ce principe trouve en fait sa justification dans un hadith qui rapporte que le Prophète aurait dit : « Ma communauté ne peut tomber d’accord sur une erreur. »

Bien qu’ils eussent fini par admettre les principes généraux posés par al-Chafii, les théologiens continuaient à diverger sur certains points essentiels.

Ces différends entraînèrent la formation, parmi les sunnites, de plusieurs « écoles de pensée » (mazhabs), dont les quatre plus importantes survécurent jusqu’à nos jours : les hanafites (d’après Abou Hanifa), les malikites (d’après Malik ibn Anas), les chafiites (d’après al-Chafii) et les hanbalites (d’après Ahmad ibn Hanbal).

Ces quatre écoles rivales se combattirent jusqu’à ce qu’elles en viennent progressivement à se reconnaître mutuellement comme autant d’expressions légitimes de l’islam sunnite.

Chacune d’elles fut prédominante dans une région précise du monde musulman : les malikites en Afrique du Nord (Maghreb) et de l’Ouest, les chafiites en Asie du Sud-Est et en Afrique orientale, les hanafites dans les régions qui allaient tomber plus tard sous la domination de l’Empire ottoman (Égypte, Grande Syrie et Turquie) et en Asie du Sud et les hanbalites en Arabie saoudite.

L’islam sunnite devint la forme dominante de l’islam en raison des vicissitudes de l’histoire.

Son centre originel était en Irak, qui devait devenir, à partir de 750, également le centre du califat.

A l’origine, les califes se considéraient comme les seuls détenteurs de l’autorité religieuse, mais ils avaient besoin pour cela de l’appui des théologiens qui élaboraient le concept de la Sunna.

Au début du IXe siècle, les théologiens s’affirmèrent détenteurs de l’autorité religieuse à la place des califes.

Il s’ensuivit une crise (la « mihna »). La mihna fut abandonnée vers 850 et il fut proclamé que les théologiens seraient désormais les détenteurs de l’autorité religieuse de l’islam sunnite.

Bien que les califes aient continué d’être considérés symboliquement comme les chefs de l’islam sunnite, ils n’essayèrent plus jamais de se mêler des questions de théologie ou de pratique religieuse.

3.3 Le Soufisme Début de page

Le soufisme, de l’arabe souf (vêtement de laine que portaient les premiers soufis), est la doctrine mystique de l’islam, née en Perse, qui s’opposa au formalisme juridique de certains docteurs rationalistes.

Le soufisme fut influencé par les philosophies et religions ayant précédé l’islam, tels le néoplatonisme , le bouddhisme, le zoroastrisme, le christianisme et le manichéisme.

Le soufisme recherche l’amour de Dieu et, par l’initiation spirituelle, l’extase par la contemplation et la pratique de la méditation et de la pureté de vie (l’ascèse).

Le taçawwuf, généralement traduit par « soufisme », désigne le mysticisme de l’islam avec ses aspects spirituels et ésotériques.

Il se fonde essentiellement sur le Coran et la sunna (tradition).

Ses manifestations, distinctes de la piété ordinaire, datent du Ier siècle de l’hégire.

Pratiquement tous les saints dont on respecte la mémoire et dont on visite les tombeaux furent des soufis.

En conflit avec les autorités religieuses, notamment à Bagdad sous les Abbassides (Halladj fut jugé hétérodoxe et mis à mort), le soufisme se réconcilia avec elles surtout depuis Ghazali (1058-1111), et se développa.

Parfois dégénéré pour n’être plus que maraboutisme ou fakirisme, il a aussi été mêlé, parfois, à des mouvements politiques.

Confréries les plus importantes : Qâdiriya issue d’Abd al-Qadîr al-Djîlâni (XIIe s.), le saint de Bagdad ; Châdhiliya fondée par Abou’l-Hasan ach-Châdhilî (XIIIe s.) : nombreux adhérents en Afrique du Nord et au Proche-Orient ; Mawlawiya remontant à Djalal ad-Dîn Rûmi (1207-73), célèbre par la danse cosmique des derviches tourneurs.

Pratique la plus caractéristique des confréries : le dhikr (ou souvenir de Dieu) sous forme d’invocations, de litanies ou de danses sacrées.

La Sanusiya, confrérie soufie, est fondée en 1837 à Mazouna (Algérie) par Muhammad Ibn-Ali as-Sanûsi (1787-1859) qui émigre à Koufra (Libye).

Marquée par le wahhabisme, elle lutte pour le retour aux sources de la foi, et combat contre la pénétration italienne en Libye, où se trouve le centre de l’ordre des Sénoussis, dont le chef est à la tête d’un empire qui s’étend jusqu’en Afrique centrale.

Les Senoussis combattirent aux côtés des Turcs contre les Italiens pendant la guerre de 1911 puis contre les alliés durant la Première Guerre mondiale. Le chérif Idris (petit-fils du fondateur), défait par les Italiens en 1931, roi de Libye à son indépendance (1951), fut renversé en 1969 par Kadhafi.

Au Sénégal, vers 1890, le cheikh Ahmadou Bamba (1852-1927) fonde le mouridisme (contesté par certaines confréries du soufisme).

Les mourides considèrent le travail comme un moyen de sanctification aussi important que la prière.

Ils ont créé des villages communautaires (pratiquant les techniques agricoles modernes) dont l’un est leur ville sainte Touba.

Pour eux, le Djihâd n’est pas violent et la femme joue un rôle capital dans la société.

Pour la prière et la méditation, les femmes font cercle autour de la maîtresse, les hommes autour du maître.

3 000 000 d’adhérents, surtout au Sénégal.

3.4 Les Kurdes Début de page

Les Kurdes, dont les origines demeurent mal connues, apparaissent dans l’histoire entre le Xe et le XIe siècle.

Musulmans, ils adhèrent pour la majorité au sunnisme chafiite.

Des minorités se réclament cependant du chiisme, des mouvements sectaires alevi (confession hétérodoxe issue du chiisme, tolérante et très attachée à la laïcité) ou yezidi et du christianisme.

Les Yezidi, de langue kurde, qui vivent au nord de Mossoul, faussement surnommés « adorateurs du diable » car ils croient en sa réhabilitation, ont conservé une religion syncrétiste intégrant des éléments du paganisme, du zoroastrisme, du manichéisme, du judaïsme, du christianisme et du soufisme [le « roi Pan » (Satan), repentant, éteint l’enfer avec ses larmes].

Le courant réformiste :

En 1770, Muhammad ibn Abd al-Wahhab (1703-1791) fonda, en Arabie, un mouvement religieux sunnite réformiste qui sera appelé « wahhabisme ».

Abd al-Wahhab s’éleva contre les pratiques jugées incompatibles avec la pureté de la religion et considérées comme des innovations (bid’a) blâmables, telles que le culte des saints et la visite de leurs tombeaux.

Il s’attaqua aussi aux philosophes, aux soufis et aux chiites, accusés d’avoir introduit des innovations dans l’islam, et prêcha une foi rigoriste et une interprétation littérale de la Charia.

Au XIXe siècle, l’émir Muhammad ibn Saoud, gagné à la cause wahhabite et désireux de la répandre dans le monde musulman, entraîna ses guerriers à la conquête de l’Arabie alors sous domination ottomane.

II réussit à la soumettre presque entièrement, puis il parvint à Bagdad et à Damas, mais fut vaincu par le calife.

Le wahhabisme restait toutefois vivace et c’est en son nom qu’Ibn Saoud fonda le royaume d’Arabie saoudite en 1932.

Depuis, étant donné les contacts sans cesse croissants du royaume avec le monde extérieur, la rigueur du wahhabisme semble se tempérer.

Le 23 mars 1889, Hazrat Mirza Ghulam Ahmad (1835-1908) de Qadian, Inde, qui se présente comme le Mujaddid (réformateur) du XIVe siècle de l’hégire, l’Imam Mahdi ou Messie promis, fonde Ahmadiya.

Ce mouvement est considéré aujourd’hui comme hérétique, notamment par les wahhabites d’Arabie saoudite et du Pakistan.

Adhérents : environ 30 millions dans plus de 142 pays (Allemagne plus de 37 000 ; Grande-Bretagne: plus de 10 000). Missions : dans 142 pays.

La Salafiya est un courant réformiste né au XIXe siècle, se réclamant des pieux « ancêtres » (salaf) et d’un certain modernisme pour revivifier un islam en « stagnation » face à un Occident dynamique et puissant.

Après l’Iranien Djamal al-Din al-Afghânî, partisan du panislamisme, l’Égyptien Muhammad Abduh (1848-1905), son disciple, élabora un réformisme théologique et culturel.

Il épura l’islam, combattant les superstitions et le culte des saints en prêchant le retour à la foi originelle.

II chercha à développer l’enseignement des sciences occidentales et de l’histoire.

Son œuvre fut poursuivie dans un sens plus nationaliste arabe par Rachid Rida (+ 1935) qui, avec la revue Al-Manâr (le Phare), propagea les idées de la Salafiya (Maghreb, mouvement réformiste des oulémas algériens ; Inde, « Ahl-il-Hadith » combattant les superstitions ; Indonésie, « Mohammadiya » (1912) œuvrant à approfondir l’islamisation du pays). Il en résulta la création d’universités modernes.

Le 11 avril 1928, en Égypte, à Ismaïlia, la Société (confrérie) des Frères musulmans (Jamiiyat Al-Ikhwân al-muslimûn) est fondée par l’instituteur Hassan al-Banna (1906/2-2-1949, assassiné).

Inspirée par la Salafiya, elle veut aussi mettre en pratique ses idées et s’adresse a toutes les catégories sociales, gagnant à sa cause une bonne partie de la jeunesse ; elle vise à lutter contre toute emprise étrangère dans les pays musulmans, et à retourner aux sources de la religion du Prophète, rejette toute imitation du modèle occidental, origine de la corruption et de la déchéance du monde musulman, veut édifier une société islamique idéale « pas de Constitution si ce n’est le Coran » (la choura « conseil », dont les membres représentent la communauté et élisent le chef de l’État, contrôle ses actes et légifère avec lui), abolir la prostitution, interdire les écoles mixtes, organiser la zakat (aumône publique) et la propriété privée, interdire l’usure, lutter contre les fausses confréries, limiter la polygamie.

1932 : l’organisation se politise et grâce à ses multiples cellules implantées notamment en Égypte, devient une force importante menaçant le régime.

1948 : dissous par le gouvernement égyptien, les Frères répliquent par l’assassinat du Premier ministre Nokrachi Pacha (28-12).

1949, 12 février : al-Banna est tué, mais la confrérie continue une vie clandestine.

1951 : la confrérie reprend ses activités au grand jour.

1952 : les « Officiers libres » de Néguib et Nasser, en contact avec les Frères, prennent le pouvoir et cherchent leur collaboration.

1954, octobre : déçus dans leurs espoirs de voir s’instaurer un régime islamique, les Frères attaquent le gouvernement et fomentent un attentat contre Nasser ; la confrérie est dissoute, les Frères arrêtés et des exécutions spectaculaires ont lieu.

Malgré tout, l’organisation continue de se manifester, souvent avec violence (on lui impute l’assassinat du président Sadate).

Elle donnera naissance à des groupuscules plus extrémistes : Takfir wa Hidjra, etc.

Le Tabligh est un mouvement missionnaire qui fait de nombreux adeptes dans le monde.

Le succès des doctrines fondamentalistes vient du fait que le modernisme et les idéologies nationaliste, libérale, socialiste importées ont échoué.

Pour les peuples du tiers-monde qui estiment perdre leur âme par une modernisation excessive, l’islam apparaît comme faisant cause commune avec la leur.

4. Bibliographie Début de page

Grand Dictionnaire Universel du XIXe siècle - Pierre Larousse, 1866-1877
Dictionnaire Encyclopédique Alpha - Edition Grammont, 1982
Chronique de l’humanité - J. Legrand SA. Ed. Chronique, 1986
La Civilisation Arabe - Gustave Le Bon Ed. Minerva, 1974
L’Islam - Dominique Sourdel Collection : Que Sais-Je ? 1999
Le Coran - Garnier-Flammarion, 1970
Le Coran - Traduit par Kasimirski, 1840

5. Textes et Éncartés

5.1 Table des matières des sujets Début de page

Jésus de Nazareth dit Jésus Christ
Les anges et les démons judéo-chrétien et islamique
Manichéens et les mots en « isme »
Marie de Magdala dit Marie-Madeleine
Mythologie romaine
Ordre du Temple

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Avant-propos
Eric - Infologisme.com

Compil Histoire

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Auteur
Jean-Paul Decoeurtyte Début de page
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