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Sujet Philosophie Date 30-03-2006
Titre La pensée jusqu'à et après Aristote Section Infologisme
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Sommaire

1. La pensée jusqu'à Aristote
1.1 La naissance de la philosophie
1.2 La grande génération
1.3 Les fils de Protagoras et de Socrate
2. La pensée après Aristote
2.1 Les grandes philosophies hellénistiques
2.2 Les Diadoques et les Epigones
2.3 La Science hellénistique et romaine
3. Biographie


1. La pensée jusqu'à Aristote Début de page

Tous les esprits libres, tous les penseurs rigoureux reconnaissent la Grèce pour leur première patrie. C'est dans les cités grecques d'Asie Mineure que naissent la philosophie et la science. C'est à Athènes et à Alexandrie que nous, Occidentaux du XXe siècle, continuons de faire des pèlerinages.

Dans toutes les écoles du monde, qu'elles soient européennes, américaines ou persanes, on apprend sans le savoir à parler grec, en disant parallélogramme, logarithme, trigonométrie. Les élèves refont une odyssée qui, pour beaucoup, se révèle aussi rude que celle d'Ulysse. En voyageant de Samos à Milet, ils passent du calcul des entiers au cas d'égalité des triangles, puis, en naviguant vers Chios ou Abdère, ils tentent d'atteindre la mesure du cercle ou du cylindre.

A l'âge du cédérom, presque tous les concepts qui permettent d'affronter les grands problèmes rencontrés par la philosophie ont été élaborés il y a quelque vingt-cinq siècles. Notre pensée politique, par exemple, demeure étonnamment grecque de lettre et d'esprit. Comme les Athéniens du Ve siècle, nous nous disputons et parfois nous nous entretuons à propos de la tyrannie (turannis) ou de la démocratie (dêmokratia).

Avant, pendant ou après le «miracle grec», plusieurs grandes civilisations ont possédé des arts raffinés, des morales savantes, des religions sublimes, des institutions admirables, des techniques parfois sophistiquées. Mais, en termes d'expansion universelle et d'immortelle présence, on ne voit rien de comparable à la philosophie et à la science grecques. Pourquoi les subtils Chinois, par exemple, n'ont-ils pas fondé la science ? Pourquoi, forts du nombre et de la durée, n'ont-ils pas réussi la conquête des esprits sur toute la terre ? Pourquoi le monde moderne est-il né sur les rivages ensoleillés de la Méditerranée, entre le VIe et le IVe siècle ? Comment sommes-nous nés en Grèce ?

1.1 La naissance de la philosophie Début de page

Au commencement les dieux étaient partout. L'humanité «préphilosophique» est environnée de divinités qui président à l'ordonnance du ciel, au cours des saisons, au rythme du temps, à la vie et à la mort. Chez les Grecs, les poètes épiques, tels Homère et Hésiode, enseignent en chantant cette vision magico-religieuse du monde.

Les premiers philosophes ne se posent pas des questions différentes de celles qui hantent leurs contemporains, sur la nature et l'origine du monde, son caractère éternel ou périssable, ses aspects parfois effrayants. Mais ils reformulent en termes profanes et naturels les interrogations qui saisissent les Grecs devant le spectacle de l'univers. Et ils s'efforcent d'articuler en un discours cohérent des éléments de réponse. Comme le révèle l'étymologie du mot introduit par Pythagore, les philo-sophoi se distinguent par une exigence de rationalité. Mais ces «amis du savoir» font également assaut d'imagination pour expliquer l'origine et la marche du monde, en élaborant des théories variées, contradictoires et inconciliables.

L'Ionie constitue la terre d'élection de ces premiers essais spéculatifs et imaginatifs. Au VIe siècle, les philosophes de Milet se lancent à la recherche de l'archè, principe matériel de l'univers, substance unique qui, par ses transformations, produit la multitude des phénomènes naturels. Mais ils ne s'accordent pas sur cette matière première : l'eau pour Thalès, l'air pour Anaximène, l'Illimité pour Anaximandre (v.610-545), élève du premier et maître du second. Un peu plus tard, Héraclite (v.540-480), originaire de la ville voisine d'Ephèse, jette son dévolu sur le feu, confondu avec le Logos. De l'autre côté de la Méditerranée, Empédocle d'Agrigente (v.495-435) élabore une sorte de synthèse avec la théorie, promise à un bel avenir, des quatre éléments, la terre, l'air, le feu et l'eau, à partir desquels toute chose naturelle serait composée, dans des proportions variables.

Les penseurs présocratiques explorent toutes les philosophies de la nature qu'il est possible de concevoir, de l'«idéalisme» le plus extrême au «matérialisme» le plus radical. Après la conquête de l'Asie Mineure par les Perses, Xénophane de Colophon (v.570-475) se réfugie en Sicile puis à Elée, en Italie du Sud. Plein de dédain pour les idées religieuses traditionnelles, il proclame l'existence d'un dieu unique, éternel, à la forme non humaine, qui dirige le monde par la seule pensée. Anaxagore de Clazomènes (v.500v.428) est le premier philosophe à s'installer à Athènes, où il devient le maître et l'ami de Périclès. Dans son traité Sur la nature, il fait de l'Esprit (Nous) le principe de la matière et de la vie. A l'autre extrémité des audaces philosophiques, le mystérieux Leucippe, entièrement éclipsé par son disciple, Démocrite d'Abdère (460-v.357), transforme l'univers en un jeu d'atomes se combinant de façon mécanique dans le vide.

Par-delà les innombrables oppositions, tous ces philosophes se montrent convaincus de l'existence d'un ordre cosmique soumis à des lois, dont les croyances traditionnelles, notamment religieuses, ne rendent pas compte, mais que la raison humaine peut découvrir. Et leur enquête sur la nature s'accompagne d'un développement, lent mais certain, des techniques d'argumentation, de réfutation et de raisonnement.

De ce double point de vue, la philosophie des Eléates marque un tournant important. Premier penseur à opposer radicalement les sens et la raison, Parménide (né v.515), qui aurait été le disciple de Xénophane, exclut les méthodes et les preuves fondées sur l'expérience, pour raisonner de façon strictement déductive à partir d'un point unique et irréfutable. Ainsi démontre-t-il, par une chaîne de raisonnements extraordinairement cohérente, que l'Etre est un, indivisible et non soumis au changement. Les transformations de la nature que les autres philosophes s'ingénient à expliquer ne seraient que des illusions. Premier des penseurs grecs à proposer un raisonnement déductif soutenu, son extraordinaire influence découle autant de ses méthodes que de ses conclusions. La Voie de la Vérité est prise comme modèle d'une démonstration rigoureuse, non seulement par les philosophes, mais aussi par les mathématiciens.

Le plus brillant disciple de Parménide est incontestablement Zénon d'Eléé (né v.490). Pour défendre le monisme de son maître contre les attaques de ses adversaires, il développe quarante Paradoxes, raisonnements déductifs rigoureux, aussi fallacieux que difficiles à réfuter. Aristote en fait l'inventeur de la dialectique.

La rupture des philosophes de la nature avec la pensée traditionnelle n'est pourtant ni homogène ni complète. Empédocle se vante de ses pouvoirs thaumaturgiques. Quant à Pythagore (v.580-v.500), originaire de Samos, il ouvre à Crotone une secte religieuse plutôt qu'une école philosophique. Pourtant, ce mystique exerce une forte influence sur le développement de la science et de la philosophie. Sans doute après avoir étudié l'harmonie et l'astronomie, il développe l'idée que l'explication de l'univers doit être recherchée dans les nombres et dans leurs relations, dont les objets matériels, mais aussi les notions intellectuelles et morales, sont les représentations. Cette mystique des nombres ouvre la voie à la mathématisation des sciences physiques.

1.2 La grande génération Début de page

L'achèvement de la révolution rationaliste et l'accomplissement de la révolution individualiste constituent l'œuvre admirable de ce que Karl Popper appelle la «grande génération». Ses plus éminents représentants sont Protagoras (v.485v.420), Gorgias (v.483-v.385) et Socrate (469-399).

On ne doit pas s'étonner qu'à l'enthousiasme confiant et, en somme assez naïf, des premiers philosophes, succède une méfiance dans la capacité des hommes à percer le mystère de la Nature ou à découvrir le secret de l'Etre. Les sophistes d'abord, puis Socrate, font descendre la philosophie du ciel, pour l'établir dans les maisons et dans les cités.

Gorgias est natif d'une colonie ionienne, Léontini, qui se trouve en Sicile. Dans son traité Sur la Nature ou le Non-Existant, il anéantit la thèse des Eléates, en démontrant qu'il n'existe aucune réalité éternelle, immuable, stable, en tout cas susceptible d'être objet de connaissance ou de discours humain.

Protagoras est originaire d'Abdère, poste avancé de la culture ionienne dans la Thrace barbare. Ce contemporain d'Hérodote est donc particulièrement averti de la relativité des normes, des mœurs et même des dieux. Aux conceptions traditionnelles, il porte les coups les plus rudes. Les lois des cités, qui paraissaient sacrées, en tout cas naturelles, il les montre relatives dans le temps et dans l'espace, simples conventions sociales, purs accidents historiques. Selon la première phrase de son traité La Vérité ou Les Discours terrassants, «l'homme est la mesure de toute chose». Loin de déboucher sur un nihilisme, le relativisme de Protagoras exalte le génie des hommes à créer les normes nécessaires à toute vie sociale et à former les jugements qu'exige la conduite de la vie individuelle. Il est le premier penseur à faire fortune en enseignant la vertu, c'est-àdire l'art de prendre les bonnes décisions dans les affaires domestiques aussi bien que politiques.

D'une façon générale, les sophistes, professeurs et conférenciers itinérants et rémunérés, révolutionnent la paideia et fondent une sorte d'enseignement supérieur. Pionniers de nombreuses sciences humaines et sociales, comme l'anthropologie, la philologie, le droit comparé, ils influencent profondément les élites intellectuelles, comme le révèlent les œuvres d'Euripide et de Plutarque. Qu'elle qu'en soit l'intention profonde, la rhétorique de Protagoras et de Gorgias marque un progrès, non seulement dans les techniques de la persuasion et donc, n'en déplaise à Platon, du raisonnement, mais aussi dans leur analyse consciente, dans la pratique comme dans la théorie de l'argumentation.

L'influence des sophistes se rencontre aussi dans le Corpus hippocratique, composé d'une soixantaine de traités fictivement attribués à un illustre médecin né sur l'île de Cos dans la seconde moitié du Ve siècle. Ils constituent une attaque en règle contre la croyance à une intervention surnaturelle dans les maladies et contre la médecine traditionnelle, dont les purifications rituelles sont dénoncées comme des impostures. Ils établissent que toutes les maladies ont des causes naturelles que des observations cliniques méticuleuses peuvent révéler. Sans doute nombre des explications et des théories sont fantaisistes, entre autres raisons parce que le recours à l'expérimentation et à la dissection reste limité. Mais, si le fossé entre l'idéal proclamé et la pratique réelle est souvent large, ces traités définissent la charte d'une médecine rationnelle, ainsi que d'une éthique médicale toujours actuelle, comme le symbolise la permanence du serment d'Hippocrate.

Socrate, premier grand philosophe athénien, commence par se passionner pour les choses de la nature. Mais, sans doute après une sorte de crise sceptique, il décide de consacrer sa vie à examiner et à éprouver les valeurs morales. Cette enquête, qui établit la vanité des savoirs traditionnels et des idées reçues, ne se montre pas moins subversive que les traités et les discours des sophistes. Pour le Grec moyen, la vertu (aretè) consiste à suivre sans réfléchir les lois et les coutumes de la cité. La morale est une réalité extérieure, antérieure et supérieure à l'individu. Comme les sophistes, Socrate exprime une intrépide confiance dans la raison individuelle, “belle chose, capable de commander à l'homme”, de lui enseigner le bien et le mal, de le guider dans la vie. Comme les sophistes encore, il fait de l'individu la source et l'arbitre de toute valeur morale. Mais il n'enseigne pas, lui, à rechercher la vertu dans l'étude des réalités extérieures et des sciences particulières, il apprend à écouter la voix intérieure. Plutôt que d'appliquer sa raison à l'érudition, il met les ressources de la dialectique au service de l'introspection.

Protagoras et Socrate meurent tous deux d'avoir été condamnés pour impiété par le peuple d'Athènes : en fuyant, le premier périt dans un naufrage ; le second accepte de boire la ciguë. Pourtant, ce ne sont pas des extrémistes. Ami et conseiller de Périclès, Protagoras est chargé de rédiger une constitution pour la colonie panhellénique de Thourioi, en 443. Quant à Socrate, soucieux du sort collectif, il décide d'obéir même aux lois qui lui font subir une injustice fatale.

1.3 Les fils de Protagoras et de Socrate Début de page

L'enseignement de Protagoras et de Socrate ne devait-il pas produire des Alcibiade, des Critias et des Calliclès, un Antisthène et un Thrasymaque ? La révolution individualiste ne devait-elle pas engendrer la folie égotiste, le culte du moi, le déchaînement des subjectivités ? Ne devait-elle pas dégénérer en insurrection immoraliste ?

L'évolution de la sophistique prend la forme d'un renversement. Si la première génération oppose la nature et la convention, c'est pour exalter le nomos, la cité, la civilisation. En revanche, la seconde génération de sophistes réhabilite et glorifie la phusis, pour affranchir les égoïsmes et les ambitions du respect des lois. A la fin du Ve siècle, Thrasymaque de Chalcédoine vient enseigner à Athènes que la justice n'est rien d'autre que l'intérêt du plus fort. La plus belle figure de cet immoralisme flamboyant est un personnage, peut-être imaginaire, du Gorgias de Platon. Calliclès célèbre le surhomme qui se montre assez fort pour fouler aux pieds toutes les conventions fabriquées par la vile foule pour brimer les individus supérieurs.

La même dérive immoraliste se rencontre parmi les disciples de Socrate. Chantre du plaisir et de la débauche, Aristippe de Cyrène fonde l'école cyrénaïque. Quant à Antisthène, qui a longtemps passé pour le fondateur de l'école cynique, son plus beau titre de gloire est sans doute d'avoir accepté et supporté Diogène de Sinope comme disciple.

Dans sa vie comme dans sa mort (provoquée par la retenue volontaire de sa respiration), Diogène (v.400-325) s'est efforcé de faire le contraire de tout le monde. Selon Platon, c'est un «Socrate devenu fou». Aux lois de la cité, le premier véritable cynique préfère systématiquement les prescriptions de la nature. Comme les chiens (kunoi), ses frères, il s'enorgueillit ainsi de vivre, manger et jouir sur la place publique. Jamais peut-être, on ne retrouvera un tel mépris des conventions sociales joint à une aussi grande soif d'indépendance et de franchise brutale. Alexandre même en fait les frais qui, venu à Corinthe recevoir le lâche hommage de tous les Grecs, doit pourtant s'écarter du soleil de Diogène. Les notions fondamentales du cynisme (liberté, autarcie, franchise, ascèse, cosmopolitisme) sont toujours actuelles.

Issu de deux des plus nobles familles d'Athènes, Platon (427-347) était promis à une brillante carrière politique. Mais la rencontre avec Socrate et les désordres de la cité en font un philosophe obsédé par le salut public. Par une sorte d'ironie de l'histoire, l'élève le plus doué de Socrate, fondateur de la première école philosophique structurée de l'Antiquité, l'Académie, paraît consacrer toute son énergie à colmater la brèche individualiste ouverte par son maître, à qui, dans ses dialogues, il continue néanmoins de prêter ses idées les plus évidemment personnelles. Comme l'illustre ce bréviaire du platonisme qu'est La République, Platon est un penseur essentiellement réactionnaire, d'une double façon.

Le déclin de la démocratique Athènes, dont les citoyens divisés, incapables de vaincre les cités ennemies, s'accordent pour voter l'exécution de Socrate, lui fait prendre conscience des dangers de l'individualisme moral prôné par son maître. Il se met à rêver d'une cité aussi unie et harmonieuse que l'âme d'un homme juste. Dans cette république idéale, les hommes doivent être éduqués par l'Etat, qui met leurs âmes et leurs corps entièrement à son service, qui réglemente minutieusement leurs discours, leurs activités, leurs lectures et même leurs accouplements.

D'autre part, inquiet du relativisme vulgarisé par les sophistes, Platon veut arrimer l'Etat à l'Etre ou, si l'on préfère, lui donner un fondement métaphysique. Ce lien entre la cité et le ciel exige que les philosophes deviennent rois (ou les rois philosophes). Pour Platon, le philosophe est l'homme d'exception qui, au terme d'une dure éducation où les mathématiques et la dialectique tiennent une place essentielle, réussit à contempler le monde transcendant, éclairé par le soleil du Bien, des Idées ou des Formes (eidè), dont les réalités terrestres ne sont que de pâles reflets.

Il semble, au demeurant, que Platon, n'en déplaise à tant d'auteurs de manuel, ait eu conscience de la vanité de son rêve. Ce merveilleux prosateur est un de nos plus grands ironistes : il ne faut jamais oublier le sourire de Platon.

Si Platon est l'éternel ami des poètes, Aristote de Stagire (384-322) est le philosophe chéri des professeurs, des scoliastes, des exégètes de tous les lieux et de tous les temps. Pendant quelque vingt années, il étudie et enseigne à l'Académie, tout en publiant des dialogues platoniciens (aujourd'hui perdus). A la mort de Platon, dépité sans doute que la direction de l'école lui échappe, il s'ingénie à critiquer, corriger, nuancer, modérer, contredire les théories de son maître.

Plus qu'un créateur, Aristote est un encyclopédiste, dotant le Lycée (école philosophique qu'il fonde à Athènes en 335) de la première très grande bibliothèque de l'Antiquité. Quand il ne travaille pas à établir un catalogue de 158 constitutions grecques ou la liste des vainqueurs des jeux Pythiques depuis les temps les plus anciens, il dirige la rédaction d'une somme de la philosophie et de la science, sans qu'il soit possible de rendre au maître d'ouvrage et à ses nombreux collaborateurs ce qui leur revient. Car Aristote organise le premier grand laboratoire de recherche pluridisciplinaire : la philosophie devient une activité collective, la science une entreprise collégiale.

Même si, dans la Logique ou Organon (outil, instrument) et la Rhétorique, Aristote reconnaît ses dettes envers de nombreux prédécesseurs, il revendique la paternité de la première analyse systématique de la science du raisonnement, aussi bien formel que scientifique. Ainsi ses règles du syllogisme éduqueront-elles pendant des siècles l'esprit des philosophes et des savants arabes ou européens. En revanche, peut-être parce que, contrairement à Platon, il est mauvais géomètre, Aristote méconnaît l'importance des mathématiques pour l'étude de la physique et, sur les astres par exemple, commet des erreurs dont l'autorité freinera pendant des siècles le développement de l'astronomie. Ce fils de médecin se montre plus heureux dans les sciences où l'observation supplante le calcul, comme la zoologie.

En morale et en politique, le précepteur d'Alexandre le Grand (entre 342 et 335) se révèle un penseur du passé, dépassé par la marche du monde. Fidèle à une cité-Etat dont il ne remarque pas la mort en tant que forme suprême d'organisation, il soutient que l'homme est un «animal politique» (zoon politikon), ne pouvant s'épanouir pleinement que dans la cité (polis). Cette formule, encore aujourd'hui répétée à satiété, exclut de l'humanité les Barbares comme les esclaves, dont les théories aristotéliciennes légitiment la servitude. La paradoxe veut que les prodiges de son royal élève aient condamné tous ses idéaux et tous ses préjugés politiques.

2. La pensée après Aristote Début de page

Avec les trois grandes philosophies hellénistiques, l'esprit achève l'inventaire de ses combinaisons. Avec Euclide et Archimède, il possède les principes et les méthodes de toute démarche scientifique. Commence alors le règne des diadoques et des épigones de l'intellect, des commentateurs érudits et des glossateurs infatigables.

2.1 Les grandes philosophies hellénistiques Début de page

Les trois grandes philosophies qui naissent dans la seconde moitié du IVe siècle sont, elles, en parfaite harmonie avec le nouvel ordre du monde. Pyrrhon d'Elis (v.365-v.270), Epicure (341-271), Zénon de Kition (v.333-262) élaborent des doctrines du salut individuel, auxquelles ils donnent une portée universelle.

Pyrrhon accompagne Alexandre jusqu'aux rives de l'Indus, confondu par l'extraordinaire variété des mœurs, des idées et des dieux, impressionné par le détachement et l'impassibilité des gymnosophistes indiens, persuadé comme eux du néant de l'homme. De retour à Elis, il fonde une école philosophique, dite sceptique, opposée à toutes les autres, qualifiées de dogmatiques. Sur la véritable nature des choses, Pyrrhon suspend son jugement (épochè). Dans la vie de tous les jours, il se laisse guider par les apparences, considérées avec toute l'indifférence qu'un homme peut atteindre. Ainsi découvre-t-il l'art de rester serein dans le bruit et la fureur universels.

Fils d'un colon athénien sans fortune installé à Samos, Epicure enseigne la philosophie d'abord à Mytilène, que la colère populaire l'oblige à fuir, puis à Lampsaque. En 306, il achète à Athènes une petite propriété, le Jardin, pour la communauté de ses amis et de ses disciples.

A Démocrite, Epicure emprunte la doctrine de l'atomisme, dont il déduit, en logique, une théorie de la connaissance sensualiste. Le monde, les dieux, les hommes (leurs âmes comme leurs corps) lui apparaissent comme des édifices complexes d'atomes matériels qui s'agrègent, se dispersent, s'entrechoquent dans le vide, sans providence, sans destin, sans mystère. On ne saurait pousser plus loin que le philosophe du Jardin le désenchantement de l'univers.

Contrairement à ce que suggère l'adjectif «épicurien», l'éthique d'Epicure, si elle consiste en une mathématique des plaisirs, ne constitue pas une incitation à la débauche, mais une charte de l'ascétisme. Pour vivre bien, il faut d'autre part vivre caché, loin des pouvoirs toujours dangereux, à l'écart du peuple souvent malfaisant, en dehors de la cité. Mais le pessimisme social le plus radical nourrit un culte de l'amitié qui se célèbre dans de petites communautés, remarquables par la solidarité de leurs membres. Contrairement à l'Académie et au Lycée, elles sont ouvertes à tous les hommes, grecs ou barbares, libres ou esclaves, mais aussi aux femmes, particulièrement aux plus libres d'entre elles, les prostituées (hétaïres). Dans la tourmente qui emporte le monde hellénistique, ces sectes assurent aux disciples d'Epicure cette sérénité, qui, pour le maître, constitue le Souverain Bien, et la seule justification de l'activité philosophique.

Originaire d'une ville cypriote à la forte colonie phénicienne, à laquelle il appartient peut-être, Zénon de Kition fonde vers 300 l'école stoïcienne. Il entreprend une polémique souvent âpre contre la logique et la physique d'Epicure, rivalité soigneusement entretenue par les successeurs des deux écoles, notamment, pour le Portique, Cléanthe d'Assos (v.331-v.232) et surtout Chrysippe (v.280-207), remarquable dialecticien dont les sept cents ouvrages systématisent la philosophie stoïcienne.

Pour les stoïciens, la matière passive est animée par un principe actif qu'ils appellent, non sans obscurité, âme, dieu, raison, cause, feu... Cette âme du monde pénètre l'ensemble des éléments dont se compose l'univers et les lie par des rapports nécessaires pour en assurer la cohésion et la cohérence. Organisé et dirigé par Zeus, l'univers se confond avec la Providence. Bien qu'elles soient fondées sur des logiques et des physiques résolument opposées, les morales d'Epicure et de Zénon néanmoins se ressemblent. Poursuivant le même idéal de paix individuelle (ataraxie), elles proposent des moyens largement identiques, maîtrise des passions, renoncement au superflu, acquiescement à l'inévitable... Mais l'éthique stoïcienne se distingue par une ferveur mystique, qu'exprime par exemple un Hymne à Zeus de Cléanthe. En vivant en harmonie avec la nature, en acquiescant à l'ordre universel, le sage stoïcien accomplit une prière de tous les instants. Enfin, moins en retrait sans doute de la vie de la cité que les disciples d'Epicure, les philosophes du Portique pousse l'idée de la fraternité de tous les hommes jusqu'à l'idéal de la monarchie universelle.

2.2 Les Diadoques et les Epigones Début de page

Dans l'histoire politique, on distingue, après Alexandre le Grand, des diadoques (diadoquos, qui succède) et des épigones (epigonos, né après). Les deux termes conviennent parfaitement au monde de la pensée qui, dorénavant, voit se succéder des renouveaux et des déclins de philosophies existant déjà au IVe siècle. Amoureux des classifications, les historiens se plaisent ainsi à distinguer une Moyenne et une Nouvelle Académie (curieusement devenue, sous l'influence d'Arcésilas de Pitane (v.315-242) et de Carnéade (v.213-129), un haut lieu du scepticisme), puis un néoplatonisme alexandrin dont Plotin est le principal porte-parole ; un stoïcisme moyen ou intermédiaire aux IIe-Ier siècles et un stoïcisme tardif ou impérial avec Sénèque, Epictète et Marc-Aurèle ; un cynisme caractéristique du temps des Césars ; des néo-pythagoriciens tel Apollonios de Tyane...

Tous ces «successeurs» partagent le sentiment que presque tout a été écrit déjà par des maîtres dont ils s'attachent à commenter les œuvres. C'est le règne de la glose infinie, de la triste scholie et de la pesante exégèse. La comparaison entre les dialogues de Platon et les commentaires de Jamblique (mort v. 330 apr. J.-C.) ou de Proclus (412-485 apr. J.-C.), un des derniers directeurs de l'Académie, conduit tout droit au sens contemporain du mot «épigone» : disciple sans originalité personnelle.

Dans presque toutes les écoles, la compilation remplace la méditation ; la combinaison (dans les meilleurs cas, la synthèse), la création. Plutarque de Chéronée (v.46-v.120 apr. J.-C.), par exemple, s'il se proclame platonicien, se montre ouvert à l'aristotélisme, au pythagorisme et même au stoïcisme. En philosophie, l'ecclectisme tend à devenir la règle, pour le pire parfois.

Si les conquêtes d'Alexandre favorise l'hellénisation du monde connu, elles finissent aussi par provoquer une orientalisation et une décadence de la pensée grecque. Néo-stoïciens, néo-pythagoriciens, néoplatoniciens, notamment, travaillent à réconcilier la philosophie et la théologie. Membre d'une riche famille juive d'Alexandrie, Philon (v.30 av. J.-C.-v.45 apr. J.-C.) croit retrouver les vérités de l'Ancien Testament dans les doctrines des grands philosophes grecs. Né lui aussi en Egypte, Plotin (v.205-270 apr. J.-C.) marie, mélange, combine avec le platonisme la pensée orientale qu'il est allé étudier en Mésopotamie. Mais les Ennéades, conférences qui résument son enseignement et sont éditées par son disciple Porphyre, Phénicien né à Tyr (233-v.305 ap. J.-C.), apparaissent surtout comme un classique de la littérature mystique.

Quand, en 529, le très-chrétien Justinien décide d'établir l'orthodoxie dans tout l'Empire et de fermer l'école d'Athènes, la philosophie grecque est depuis longtemps enténébrée par la routine et les superstitions.

2.3 La Science hellénistique et romaine Début de page

Du côté des sciences, le tableau paraît moins noir. Sans doute les glossateurs, les compilateurs, les commentateurs règnent-ils aussi en maîtres. On les trouve en masse à la bibliothèque et au Mouseion d'Alexandrie, qui, grâce au mécénat des Ptolémées, reprennent à une échelle autrement ambitieuse l'entreprise du Lycée d'Aristote. Mais on ne peut nier des apports originaux, notamment au IIIe siècle av. J.-C. et au IIe siècle apr. J.-C.

Le mystérieux Euclide aurait vécu à Alexandrie au IIIe siècle. Il ne semble pas avoir découvert lui-même beaucoup des démonstrations et des théorèmes contenus dans ses Stoicheia (Eléments), qui reprennent les acquis de la géométrie grecque depuis Pythagore. Sa principale contribution résiderait dans l'organisation rigoureuse et le caractère hautement systématique de l'exposé. Mais nous avons perdu les livres d'Eléments antérieurs, notamment ceux d'Hippocrate de Chios (v.470-400), du pythagoricien Archytas de Tarente (actif vers 400) et de Théétète d'Athènes (v.414-396). Quoi qu'il en soit, la géométrie dite euclidienne devait, pour les Arabes puis pour les Européens, constituer le modèle incorruptible de toute connaissance qui vise à son état parfait, de toute science qui se veut exacte.

En revanche, l'originalité et l'universalité du génie d'Archimède de Syracuse (v.287-212) sont incontestables. S'il fait peut-être des études à Alexandrie, il passe la plus grande partie de sa vie dans sa ville natale. Il porte l'arithmétique et la géométrie grecques à leur plus haut degré de perfection, mais s'intéresse aussi à l'optique, à l'astronomie, à la mécanique, à la statique... En formulant le principe qui porte son nom, il fonde l'hydrostatique, autre application exemplaire du modèle scientifique théoriquement défini par Platon et Aristote. Il meurt en mettant sa science mécanique au service de ses concitoyens assiégés par les Romains.

Quelques siècles plus tard, Galien de Pergame (129-199 apr. J.-C.) soigne les maîtres de Rome. Commentateur méticuleux des traités attribués à Hippocrate, il se montre déférent envers son grand prédécesseur, dont, par ses corrections, il veut faire fructifier l'héritage. Si sa physiologie, peu différente des théories traditionnelles, se montre volontiers spéculative, ses descriptions des structures anatomiques et des processus physiologiques témoignent d'observations soutenues et minutieuses ainsi que d'une pratique de la dissection sur les animaux, voire sur les corps humains. C'est pourquoi pendant des siècles il symbolise, des deux côtés de la Méditerranée, la perfection médicale.

Né en Haute-Egypte, Ptolémée (100-178 apr. J.-C.) a sans doute vécu à Alexandrie. Sa Syntaxe mathématique est longtemps considérée par les Européens et par les Arabes comme le chef-d'œuvre de l'astronomie grecque, admirable notamment par sa description des corps célestes et par ses théories des mouvements de la Lune et des planètes. Cependant, la part de sa contribution personnelle et de ses emprunts à Hipparque de Rhodes (né v.190) fait l'objet de controverses, certains spécialistes contemporains n'hésitant pas à faire de Ptolémée «l'imposteur le plus habile de l'histoire des sciences».

A partir du IIe siècle, la science grecque commence à décliner lentement, incapable d'augmenter et même de préserver le savoir des Anciens.

Tout n'est que poussière, voulaient signifier les gymnosophistes indiens qui, sur le passage d'Alexandre le Grand, frappaient du pied la terre desséchée. Quoi de plus fou, en effet, que de vouloir conquérir le monde par les armes, comme Alexandre, ou par l'esprit, comme les philosophes et les savants grecs ? Mais toute l'aventure occidentale est l'histoire de cette folie. Depuis vingt-cinq siècles, nous jouons avec cette poussière d'étoiles !

Philippe-Jean Quillien


3. Biographie Début de page

ARISTOTE - Philosophe et savant Grec (Stagire, 384 av. J.C. - Chalcis, 322 av.J.C.)

S’il est un nom à retenir dans l’histoire des sciences grecques, c’est celui d’Aristote. Philosophe et naturaliste, Aristote a fourni de nombreux traités scientifiques et certaines de ses observations, notamment en biologie, sont d’une réelle justesse et dénotent un esprit logique remarquable.

Né en 384 av. J.-C., à Stagire (aujourd’hui Stavros), sur les bords de la mer Egée, Aristote est l’un des quatre enfants de Nicomaque, médecin célèbre, et de Phaétis, issue d’une grande famille de Chalcis. Il passe une partie de son enfance à Stagire puis s’installe avec sa famille à Pella, capitale de la Macédoine, où son père devient le médecin personnel du souverain Amyntas III, le grand-père d’Alexandre le Grand. Le jeune Aristote se lie rapidement d’amitié avec Philippe, l’un des trois fils du roi. Cette amitié durera de nombreuses années et les deux hommes resteront toujours plus ou moins en contact.

Orphelin à l’âge de 10 ou 12 ans, Aristote poursuit ses études et s’intéresse à de nombreuses disciplines. Mais sa soif de connaissances l’oblige à partir pour Athènes, où les plus illustres savants et philosophes enseignent.

A son arrivée dans la capitale hellène en 367 av. J.-C., Aristote suit les cours de l’école d’Isocrate. Mais l’enseignement de ce septuagénaire qui place les succès oratoires au-dessus de la recherche de la vérité ne le comble pas et Aristote quitte Isocrate pour l’Académie de Platon. Elève brillant, il est rapidement remarqué par le maître en personne qui le surnomme le « lecteur » ou parfois « l’intelligence ». Aristote trouve à l’Académie de Platon une source presque intarissable de connaissances en sciences naturelles, en mathématiques, en histoire, en éthique, etc. Il se distingue particulièrement en logique et surpasse rapidement son maître dans cette discipline. Platon en vient même à lui donner la charge de l’enseignement de la rhétorique, un cours de culture générale et de composition littéraire nécessaire aux jeunes élèves de l’Académie pour pouvoir suivre les cours magistraux. Parmi ses étudiants, Aristote compte le jeune Théophraste qui deviendra plus tard le premier botaniste de l’Antiquité. A cette époque, Aristote entame la rédaction de nombreux écrits comme les dialogues Sur la justice, Sur l’Education, Sur l’amitié. Il entreprend également d’importants travaux scientifiques qui mèneront à la rédaction de traités et de cours. Parmi eux figurent les traités Du ciel, De la génération et de la corruption et le livre IV des Météorologiques.

Au fil des années, Aristote se détache peu à peu des enseignements de Platon et critique parfois son maître ouvertement. Mais il semble qu’Aristote ait toujours gardé un profond respect pour Platon, et ce jusqu’à la mort du maître de l’Académie, à l’âge de quatre-vingts ans.

La direction de l’Académie est alors confiée à Speusippe, le neveu de Platon. Aristote, qui ne l’estime guère, décide de se rendre à la cour du roi Hermias, sur l’île de Lesbos, en Ionie. Ce départ est également motivé par le sentiment anti-macédonien croissant chez les Athéniens. Aristote s’installe rapidement dans le port d’Assos et fonde une école où il enseigne les sciences et la philosophie. Quelques anciens élèves d’Athènes, dont Théophraste, l’y rejoignent. Les cinq années que passe Aristote dans l’île de Lesbos sont consacrées en grande partie à l’étude de la biologie et plus particulièrement des animaux. C’est à cette époque qu’Aristote entame la rédaction du célèbre recueil Histoire des animaux. Mais en 343 av. J.-C., Philippe de Macédoine mande Aristote afin qu’il devienne le précepteur de son fils, Alexandre. Aristote accepte et met entre parenthèses ses travaux en biologie pour enseigner à l’héritier du trône l’histoire naturelle, l’art de parler et d’écrire, les us et coutumes des pays étrangers, la politique et la morale. Au bout de trois ans, sa mission accomplie avec plus ou moins de succès, Aristote quitte Pella et retourne dans sa ville natale, Stagire. Il y vit avec sa femme (qu’il a épousé en 341 av. J.-C.) et sa fille pendant cinq ans et complète ses travaux sur les animaux en collectant de nombreuses observations sur les animaux domestiques comme le cheval.

L’avènement d’Alexandre sur le trône de Macédoine et le retour de la paix entre Athènes et Pella encourage Aristote à retourner dans la ville qu’il a quittée treize ans plus tôt. Il y fonde une école qui rivalisera avec l’Académie, « le Lycée ». Aristote a l’habitude de dispenser ses cours en marchant dans les allées des jardins du gymnase et ses élèves prennent le nom de péripatéticiens, « les promeneurs ». Parmi les disciplines enseignées, on trouve la rhétorique, la connaissance et la gestion des affaires publiques, la philosophie, l’histoire naturelle ou encore la physique. Des recherches sont entreprises en médecine, en mathématiques, en musique, en botanique, en cosmologie, etc. Aristote poursuit ses travaux en biologie et met au point une méthode de recherche efficace et rigoureuse. Il prône l’observation systématique des faits avant toute réflexion. Il pratique également des dissections comme celle de l’œil de la taupe mais aussi des vivisections, notamment du caméléon. Certaines de ses observations, qui portent en tout sur quelque cinq cents espèces, sont jugées extravagantes par ses contemporains et ne seront confirmées que bien plus tard, notamment au XIXe siècle après J.-C. Il note en particulier que certains poissons, comme la roussette, naissent pleinement formés. C’est au cours de cette période qu’Aristote rédige de nombreux traités tels Les parties des animaux, en anatomie comparée et Le Mouvement des animaux. Il entreprend également la classification des espèces selon la complexité de leur âme.

Pourtant, si ses études en anatomie animales sont brillantes, il n’en va pas de même en anatomie humaine. Il émet notamment quelques hypothèses erronées sur la fonction de certains organes. Pour lui, le cœur est le siège de la conscience et le cerveau ne sert qu’à refroidir le sang.

Si l’astronomie n’est pas non plus la spécialité d’Aristote, il émet très tôt l’hypothèse que les étoiles, les planètes, les comètes et les étoiles filantes possèdent une réalité physique. Il adopte également l’idée de rotondité de la Terre, supposition confirmée par l’observation des bateaux disparaissant derrière l’horizon.

Les nombreuses recherches effectuées au Lycée apportent une somme considérable de découvertes et la bibliothèque de l’école est particulièrement bien fournie. Mais la mort d’Alexandre va bientôt mettre fin à cette période de travail intensif. Sa disparition exacerbe les sentiments anti-macédoniens et pousse les Athéniens à la révolte. Aristote, qui n’approuvait pourtant pas les actes de son ancien élève, est forcé de quitter Athènes avec sa famille en 323 av. J.-C. Il se réfugie en Chalcis, dans la maison maternelle. Malade, il sent sa fin proche. Il rédige alors son testament qui fait de Théophraste son successeur à la tête du Lycée. Il meurt en 322 av. J.-C., à l’âge de soixante-deux ans, laissant inachevés quelques traités comme La génération des animaux.

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Philippe-Jean Quillien Début de page
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