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Sujet Espèce Date 30-03-2006
Titre La biologie de la conservation Section Planète
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La conservation

Aucune espèce n'est éternelle

Les espèces disparaissent depuis que la vie existe. 5 grandes extinctions ont anéanti successivement jusqu'à 90% des espèces présentes sur la Terre. Dans le processus de l'évolution de la vie, depuis la première cellule, les espèces se sont diversifiées, modifiées, adaptées, spécialisées. Puis, surpris par des changements climatiques, défiés par des nouvelles espèces mieux adaptées, ébranlés par des évènements géotectoniques, les représentants de familles, genres, espèces entières se sont éteints, laissant place à un nouvel équilibre lui-même temporaire.

Comment l'évolution...

Les processus évolutifs naturels sont très lents: pour qu'une lignée évolue, il faut :

- Une mutation. Les mutations génétiques, issues d'accidents en général, sont constantes mais ne sont pas toutes bonnes à assimiler. Seules quelques rares mutations vont permettre à l'individu d'être mieux adapté à son environnement dont les autres êtres vivants s'adaptent et se spécialisent également. D'ailleurs, s'il ne s'adapte pas assez vite, il disparaît.

- Deux, puis quatre, puis des milliers d'individus qui se rencontrent et garantissent la survie de cette mutation dans le code génétique de l'espèce, alors que ceux qui ne présentent pas l'avantage nouveau disparaissent (sélection naturelle).

Evolution lente, évolution rapide

C'est ainsi que plusieurs dizaines de milliers d'années sont nécessaires pour qu'une nouvelle espèce apparaisse (se différencie), sauf lorsque les mutations arrivent à se perpétuer parce qu'elles sont favorisées ou, du moins, non entravées. C'est le cas des espèces insulaires (éléphants nains de Sicile, Dodo), et c'est la cas, plus flagrant encore, des espèces domestiques: pour les variétés domestiques, apparues pour la plupart depuis 6000 ans, l'Homme a veillé à ce que certaines mutations se perpétuent, des mutations qui auraient à coup sûr été éliminées par les processus évolutifs naturels (passivité du boeuf par rapport à l'auroch, fertilité du porc par rapport au sanglier).

Et maintenant

Depuis quelques milliers d'années, l'Homme a conquis tous les territoires et tous les écosystèmes de la planète, il s'est étendu et a détruit ou modifié beaucoup de ce qui constituait l'habitat des espèces non domestiques. Celles-ci n'ont pas le temps de s'adapter et disparaissent, soit parce que l'équilibre entre elles et le milieu est altéré, soit parce qu'elle sont directement l'objet d'activités humaines: commerce, trafic, chasse pour cause de compétition avec les espèces domestiques, maladies, etc...

L'évolution n'est pas stoppée mais les processus naturels mutation/sélection sont bouleversés. De surcroît, le principal moteur d'évolution est désormais l'Homme lui-même, qui maîtrise désormais les techniques pour manipuler les gènes.

Une planète humaine sans animaux

A l'heure où les hommes n'arrivent pas à vivre en paix entre eux, à garantir des conditions élémentaires de subsistance à tous leurs congénères (5,3 milliards) ni à maîtriser leur propre évolution démographique, les écosystèmes naturels se réduisent et leurs habitants disparaissent, alors que l'Homme nie ou oublie qu'il est lui-même issu de cette même nature. Plus grave encore, il pense s'être affranchi et pouvoir perdurer lorsque cette nature aura disparu.

Il nous semble pourtant que la conservation des espèces naturelles et de leur écosystème est un sujet d'importance majeure, à plusieurs points de vue.

Si l'Homme pense pouvoir se passer de la nature pour perdurer, il faut savoir que :

- La disparition ou l'amoindrissement des populations animales provoquent des déséquilibres irréversibles dans les écosystèmes : développement incontrôlé d'animaux de proies, de parasites et de maladies qui affectent les populations humaines directement ou par la voie de leur alimentation,

- Le déséquilibre de la biosphère entraîne le déséquilibre de toutes ses ressources: eau, oxygène, composition de l'atmosphère, composition des sols...

Chez toutes les sociétés humaines, la Nature et ses acteurs de tous les règnes, ainsi que les mouvements qui l'ont animée (séismes, tempêtes, constellations...) ont forgé les mythologies, les croyances, les valeurs humaines qui ont constitué les bases de tout patrimoine culturel. Que sait-on d'une société qui n'aurait plus aucune référence naturelle vivante ? L'existence humaine serait-elle possible et viable?

Enfin, parmi ceux qui ont connue la nature, son harmonie et sa beauté, beaucoup s'attachent à ce que nos descendants un jour la contemplent, l'étudient, la goûtent à leur tour, pour peu que l'équilibre relatif des systèmes, où chacun est à sa place, ait été conservé.

La biologie de la conservation

La biologie de la conservation consiste dans la recherche de toutes les solutions scientifiques qui peuvent aider à conserver, à maintenir en vie des espèces existantes mais qui sont mises en danger, de façon directe ou indirecte, par les activités humaines.

Cette science est née du constat que plusieurs espèces animales et végétales ont déjà disparu, et que d'autres sont en train de disparaître, parfois par ignorance.

Elle s'intéresse en particulier aux régions, comme les parcs et les espaces protégés, qui concentrent une certaine diversité d'espèces qui présentent aussi un haut degré d'adaptation à leur milieu.

Le but de la recherche est de mettre au point des programmes, des plans dits "de conservation" : aménagement de réserves, reconstruction des habitats qui ont subi des dégradations, et surtout, orientation des comportements des habitants pour concilier leurs besoins avec le maintien de l'équilibre du milieu.

Référence publication :
www.terresdepredateurs.org
Auteur
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